Élisabeth de la Trinité, une vulnérabilité conjuguée à la force

« Il y a des tournants au cœur d’une vie qu’on ne peut prendre seul. Le chemin qu’Élisabeth nous invite à emprunter n’est autre que l’immémoriale, l’intemporelle, trajectoire de l’initiation. Une odyssée de sainteté à laquelle nous sommes tous appelés. »

D’un tempérament ardent, d’une sensibilité à fleur de peau où pointe une vulnérabilité conjuguée à la force, Élisabeth possède ce « je ne sais quoi » d’indéfinissable qui s’appelle le charme.

Une féminité finement ressentie et exprimée. En touches discrètes. Pas dans le registre vamp. Sa beauté se passe d’artifices. L’aisance en partage, elle n’a pas besoin de dégainer cette arme pour se rassurer.

Son magnétisme n’attire pas seulement les amies, mais aussi les jeunes gens. « Ses dehors charmants faisaient concevoir autour d’elle bien des espérances », comme le remarque avec beaucoup de délicatesse le père Conrad de Meester.

Face aux désirs des hommes, les femmes ne sont gardées que par elles-mêmes. Et le cœur le plus abandonné à Dieu est le mieux gardé. Avec son regard malicieux et sa foi inébranlable tel un rempart, l’adolescente sait se préserver. Il n’est guère question de lui conter fleurette.

Le frère d’une de ses amies, qui se risqua un jour à lui faire un compliment, fut éconduit d’un revers de main:  » Tu m’ennuies. » Un petit coup de patte souple comme celui d’une chatte. C’est du Élisabeth tout sucre ! Un art d’effleurer la surface des choses sans jamais s’y laisser prendre.

La voir évoluer ainsi, en permanence dans un entre-deux, interpelle. D’un côté le monde, ses obligations, ses contraintes et ses petits bonheurs au quotidien. De l’autre, son désir si profond de Dieu. Alors ?

Comment fait-elle pour tenir les deux pôles ensemble ? Passer d’un registre à l’autre. Un grand écart en permanence. Un talent d’équilibriste remarquable.
Joue-t-elle un jeu ? En aucun cas. Élisabeth ignore tout de la tentation d’être quelqu’un et son contraire, telle Virginia Woolf et ses innombrables moi. Elle est sans faux plis. D’une seule pièce. Sans un point de couture :  » Le Seigneur m’appelle au Carmel. Mon âme vole à son appel. »

Dieu aime les êtres de tout éternité, mais lorsqu’il en désire un plus particulièrement, Il libère son âme de tout ce qui n’est pas Lui, lui infuse son Esprit et le conduit par des voies que Lui seul connaît.

S’il choisit Élisabeth pour accomplir ses desseins de sagesse, c’est pour ce quelque chose en elle qui la sépare de l’humanité commune. Une puissance d’aimer. Un détachement. Une liberté. Une intensité existentielle.

Une disposition mystique, qui ne relève ni de la culture intellectuelle, ni du génie scientifique, ni de l’intelligence philosophique, mais de sa capacité à creuser le fond de son être jusqu’à un point de densité incompressible. Jusqu’à l’incandescence. Jusqu’à cette transparence qui lui permet d’entrer dans un ineffable dialogue avec le Christ : « Je suis à mon bien-aimé. Et vers moi se porte son désir ».

Cette main qui s’est posée sur elle, Dieu ne la retirera jamais. Ce n’est pas un feu de paille. Une de ces douces chimères de jeune fille imaginative, que le temps craquelle et altère. C’est une rencontre rare. De celles qui balaient tout sur leur passage.

Dans son cœur, Jésus fait sa demeure. C’est uniquement pour Lui, en Lui, par Lui que la future carmélite vit et vibre. Elle ne cherche pas à l’enfermer dans une cage. Seulement à lui faire un nid. Une résidence aimante.

Comme toute adolescente, elle a besoin de héros. Il en faut. Jésus est sa référence suprême. Non pas son idole, mais son modèle. L’idole l’aurait figée dans l’infantilisme. Le modèle lui donne une trajectoire pour croître.

Extrait de:
Élisabeth de la Trinité
Un grand silence amoureux
Jocelyne Delafraye
ISBN 978-2-7122-1449-4

Un livre à méditer dans le sillage de la récente canonisation d’Élisabeth de la Trinité par le pape François.

Qui est Élisabeth Catez, jeune carmélite née le 18 juillet 1880 et morte le 9 novembre 1906, béatifiée par le pape Jean-Paul II le 25 novembre 1984 et très récemment canonisée par François, le 16 octobre 2016 ?

À l’heure où le pape offre aux catholiques du monde entier, une nouvelle sainte, Jocelyne Delafraye a souhaité revisiter son histoire. Non pas comme une biographe ou une historienne mais comme une femme de foi, personnellement touchée par la vie et le message d’Élisabeth de la Trinité. « En déroulant, au fil des ans, la pelote de son histoire, je me suis attachée à mettre en valeur les moments fondateurs où la grâce divine s’est emparée de la courbe de ses jours au point d’en infléchir le cours. »

Élisabeth Catez est née dans une famille chrétienne et développe très vite un attrait pour la prière montrant le désir de devenir religieuse au sein du Carmel. Dans un premier temps, sa mère s’oppose à sa vocation, mais lors d’une visite au Carmel de Tarbes (Hautes Pyrénées), son cœur est touché par la joie d’une jeune religieuse. Progressivement, elle acceptera la vocation d’Élisabeth pour y consentir définitivement en 1899, à condition qu’elle rentre au Carmel lorsqu’elle sera majeure, en 1901. Son nom « Élisabeth », qui signifie en hébreu « Maison de Dieu », devient le centre de sa spiritualité, ce que la doctrine chrétienne appelle l’habitation de Dieu. Élisabeth écrit alors la prière « Ô mon Dieu, Trinité que j’adore », qui résume sa spiritualité. Elle découvre, dans une épître de Paul, sa vocation, c’est-à-dire que sa vie consiste à être une « louange de gloire » à Dieu. Elle tombe malade et dit percevoir dans la souffrance une possibilité de vivre plus proche de Dieu. Elle meurt à l’âge de 26 ans. Peu après sa mort, ses écrits sont publiés par la supérieure du Carmel et rapidement diffusés. En 1931, l’évêque de Dijon ouvre une procédure en vue de sa béatification.

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Yves Duteil à la une de nos nouveautés

Et si la clé était ailleurs ?
Yves Duteil
ISBN 978-2-7122-1452-4 • 112 p. • 19,95 $     Info
Yves Duteil se livre dans ce nouvel ouvrage comme sans doute il ne l’a jamais fait auparavant, évoquant sa vie personnelle, sa carrière, son beau métier d’artisan sans oublier sa quête de sens, ses sentiers de spiritualité et ses engagements sociaux.
Marie le chemin parfait
Consécration à Jésus par Marie selon saint Louis-Marie de Montfort
Jean-Louis Courchesne
ISBN 978-2-7122-1455-5 • 280 p. • 24,95 $   Info
L’auteur nous invite à découvrir la vision et l’expérience de celui en qui l’Église reconnaît un témoin et un maître dont le message sera toujours actuel puisqu’il est axé sur l’engagement baptismal et sur le rôle de Marie dans la vie de l’Église et des baptisés.

Élisabeth de la Trinité
Un grand silence amoureux
Jocelyne Delafraye
ISBN 978-2-7122-1449-4 • 200 p. • 26,95 $   Info
Récemment canonisée par pape François, Élisabeth de la Trinité donne l’occasion à l’auteure de revisiter son histoire, non pas du point de vue d’une historienne, mais d’une femme de foi, personnellement touchée par la vie et le message de la sainte.

Quand les prêtres viennent à manquer
Repères théologiques et canoniques en temps de précarité
Alphonse Borras
ISBN 978-2-7122-1441-8 • 208 p. • 27,95 $     Info
L’auteur, canoniste de renommée internationale et théologien sensible à la réalité du terrain, tente de prouver que la théologie et le droit canonique offrent des ressources indispensables pour penser le moment présent et s’engager dans l’avenir.
Enquête sur le Jésus historique
Robert J. Hutchinson
ISBN 978-2-7067-1482-5 • 368 p. • 35,95 $
Écrit pour les sceptiques comme pour les croyants, ce livre révèle comment les Évangiles sont plus vrais que ce que beaucoup ont cru jusqu’alors et que Jésus, loin d’être un paysan inculte, était un rabbi cultivé, convaincu que sa mission était de sauver l’humanité elle-même.

Mise en garde avant l’Enfer
Thomas More
ISBN 978-2-85313-890-1 • 132 p. • 21,95 $Vers 1522, l’auteur écrit ce traité, resté inachevé, sous le titre Les fins dernières pour montrer au chrétien combien il est nécessaire de penser à la mort pendant sa vie pour mériter le ciel. Les péchés capitaux sont passés à l’épreuve de cette méditation sur la mort.

Quand l’amour cherche à renaître dans le couple
Le parcours Tobie et Sara
Michel Martin-Prével
ISBN 979-10-306-0094-0 • 168 p. • 19,95 $
Ce parcours propose neuf étapes pour reconstruire la confiance, entamer le chemin du pardon et recréer une intimité nouvelle au sein du couple. Les différences peuvent créer des différends mais alimenter aussi les attirances fécondes de la vie conjugale.
Le jour où Luther a dit non – Roman
Anne Soupa
ISBN 978-2-7067-1505-1 • 224 p. • 32,95 $
L’auteure choisit le mode romanesque pour rendre plus vivant ce moment crucial dans la vie de Luther où celui-ci dit non à Rome et les conséquences de son acte : le pape ou l’empereur, la Bible ou l’Église, l’obéissance ou la conscience, les œuvres ou la foi.

Prier 15 jours avec Marcel Légaut
Éveilleur spirituel
Dominique Barnérias
ISBN 978-2-85313-884-0 • 128 p. • 21,95 $
Ce que j’ai écrit, je l’ai d’abord pensé, ce que j’ai pensé, je l’ai d’abord vécu. Cette phrase résume toute la démarche spirituelle de celui qui est considéré encore aujourd’hui comme un éveilleur spirituel pour de nombreuses générations.

Fascination des nouvelles technologies et transhumanisme
115 questions
Tanguy Marie Pouliquen
ISBN 979-10-306-0147-3 • 328 p. • 29,95 $
À travers 115 questions-réponses documentées, en intégrant l’apport de l’humanisme chrétien, l’auteur décrypte avec pédagogie cette évolution culturelle technocratique et propose des repères éthiques pour que les technologies soient au service de l’homme.
Pierre, Paul, Jacques et les autres
Enquête sur les premiers followers de Jésus Christ

Françoise Ladouès
ISBN 978-2-85313-872-7 • 144 p. • 24,95 $
Fruit d’une enquête minutieuse, ce livre nous invite à redécouvrir les textes des premiers chrétiens pour en démêler le vrai du faux, la réalité historique des légendes. Mais avant tout il s’agit de mieux comprendre la vérité contenue dans les textes bibliques.

Ce que dit la Bible sur… Le péché
Pierre Gibert
ISBN 978-2-85313-885-7 • 128 p. • 21,95 $
L’auteur répond sans détour à des questions sans complaisance :
la Bible parle-t-elle vraiment du péché originel ? Selon la Bible y a-t-il une hiérarchie des péchés ? Quelle est l’attitude de Jésus face au péché ?…

Prier le chapelet… pour ceux qui n’ont pas le temps – CD
Les 20 mystères du Rosaire à la lumière de l’Évangile
En collaboration
3760209693652 • 16,95 $
Voici une version express du chapelet que vous pourrez prier à toute heure de la journée : l’énoncé des 20 mystères médités avec une parole de l’Évangile pour entrer dans la méditation de la vie de Jésus avec les yeux de Marie.

Prier le chapelet avec… Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus – CD
Chants de Notre-Dame de Vie -Venasque
En collaboration
3760209693621• 16,95 $
Le père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus, carme et fondateur de l’Institut séculier Notre-Dame de Vie, nous offre ici des méditations simples et profondes pour laisser le cœur de Dieu battre dans notre quotidien.
Le vin nouveau de la spiritualité dominicaine
Un nectar nommé bonheur
Paul Murray
ISBN 978-2-7067-1323-1 • 214 p. • 32,95 $
L’auteur nous invite à explorer les différents aspects de la tradition dominicaine. Il nous montre leur extraordinaire ouverture au monde qui leur a permis d’être non seulement des promoteurs de la grâce chrétienne mais aussi des défenseurs de la nature.

Pour l’amour de la vie
Fioretti de présences humanitaires
Jean-Claude Michel
ISBN 979-10-306-0136-7 • 140 p. • 19,95 $
Ces récits de mission rapportés par des médecins, des éducateurs, jeunes et volontaires, venus de pays nantis pour se mettre au service des plus démunis d’Afrique ou d’Asie, ravivent notre espérance et témoignent que l’amour de la vie est le plus fort.

Vers un écologisme chrétien
Frédéric Dufoing
ISBN 978-2-7122-1451-7 • 152 p. • 24,95 $     Info
Ce livre expose quelques-uns des courants de l’écologisme chrétien aux États-Unis comme en France. Il défend l’idée que le christianisme peut permettre à l’écologisme de se ressourcer, d’être plus cohérent dans sa défense de la dignité humaine.
Via Francigena
Traverser l’Italie à pied
Cyprien Mycinski
ISBN 978-2-7067-1484-9 • 320 p. • 33,95 $
Sillonnant l’Italie à pied, l’auteur rapporte, de cette épreuve consentie, des pages profondément joyeuses et pleines d’espérance où l’aventure vous conduit vers l’autre, vers un autre compris non pas dans son irréductible différence mais dans sa fraternité.

Une jeunesse volée
Mémoires de guerre I
Aloysius Pappert
ISBN 978-2-7067-1536-5 • 212 p. • 32,95 $
Premier volume des Mémoires de guerre, l’auteur offre un témoignage de premier plan sur la Seconde Guerre mondiale et le destin d’un jeune homme qui loin de partager les visions de l’Allemagne nazie va subir l’oppression , la honte et la défaite morale.

Le sang des prisonniers
Mémoires de guerre II
Aloysius Pappert
ISBN 978-2-7067-1516-7 • 204 p. • 32,95 $
De son passage du régime nazi moribond au monde du communisme russe, l’auteur relate un exode qui nous révèle les conditions de vie des soldats allemands de la Seconde Guerre mondiale tout en offrant une remarquable profession de foi.

375e – Gilles Proulx raconte Montréal

Une affaire de femmes !

Dotée d’un fort, Ville-Marie se voit très tôt pourvue d’un deuxième bâtiment important : trois ans après l’installation, Jeanne Mance fonde l’Hôtel-Dieu, l’ancêtre de l’hôpital universitaire actuel, au coin des rues Saint-Paul et Saint-Sulpice. Seule une plaque nous rappelle aujourd’hui son existence… Un peu plus de 10 ans après, elle fait venir de France les premières Religieuses hospitalières de Saint-Joseph pour la seconder. Ce sont ces religieuses qui prendront les rênes de l’hôpital à la mort de Mance et qui administreront ses biens jusqu’en… 1973 ! L’Hôtel-Dieu demeure le seul hôpital de Montréal jusqu’en 1822. C’est en 1861 que les religieuses le déménageront à l’angle actuel des rues Saint-Urbain et Des Pins. Il s’agit à l’époque de protéger les malades de l’insalubrité due à la densité de population en s’installant… en pleine campagne ! Des problèmes de pollution, déjà… À l’heure où l’avènement du nouveau CHUM entraîne un autre déménagement de l’Hôtel-Dieu, qu’adviendra-t-il de ce haut lieu patrimonial qu’est le complexe de la rue Saint-Urbain ? Heureusement, la ville de Montréal l’a récemment acheté, et on peut espérer qu’elle sera attentive à la préservation de sa valeur historique.

Quant à Jeanne Mance, moi qui me méfie beaucoup de toute tendance à réécrire l’histoire pour l’ajuster aux mentalités modernes, j’avoue avoir applaudi à la décision prise en 2012 de la reconnaître officiellement comme cofondatrice de Montréal, avec Maisonneuve. Elle a eu une importance inestimable.

Et la place exceptionnelle des femmes aux origines de la ville ne s’arrête pas là.

Dix ans après sa fondation, le projet montréalais reste douteux et incertain : tout au plus une cinquantaine de personnes peinent à peupler la petite bourgade perdue en ce pays glacial qu’est le Canada. En 1651, Maisonneuve doit retourner en France tenter de recruter de nouveaux colons. La lucidité semble prendre le pas sur la ferveur de ce visionnaire. Est-il découragé ? Après tout, il a ses hauts et ses bas comme tout le monde… Il avoue que si les renforts ne viennent pas, il faudra mettre fin à la folle entreprise. Mais en 1653, le voici de retour avec 95 nouveaux aspirants montréalais! La Société de Notre-Dame a de nouveau réussi, de justesse, à rassembler les fonds nécessaires à leur venue. C’est encore bien peu, mais c’est quand même un coup de main.

À bord du bateau qui s’amène, il y a une jeune femme qui sera des plus précieuses à l’avenir de la colonie : Marguerite Bourgeoys foule le sol de Ville-Marie et s’apprête à lui donner son premier réseau d’écoles. Amie de la sœur de Maisonneuve, c’est une mystique qui souhaite se consacrer à l’éducation des enfants français et amérindiens en Nouvelle-France. Une mission qu’elle ne pourra pas honorer au début, parce que les quelques enfants de la petite peuplade sont presque tous morts, emportés par la maladie ou les attaques iroquoises ! En attendant, elle ne perd pas son temps : elle entreprend une corvée pour la construction de la chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours, première église de Montréal, qui existe toujours. Elle a été reconstruite et son aspect actuel date de la fin du XIXe siècle, mais son emplacement inchangé rappelle les tout débuts de la ville.

En 1659, Marguerite Bourgeoys retourne en France pour y recruter une poignée d’institutrices, avec lesquelles elle fonde la congrégation de Notre-Dame, appelée à façonner le paysage montréalais jusqu’à la Révolution tranquille. Qu’on pense seulement aux collèges Dawson, Marianopolis, Villa-Maria, tous d’anciens bâtiments de la CND ! Mais à cette époque, rien n’est gagné, d’autant moins qu’il s’agit d’une communauté innovatrice. Marguerite refuse que ses sœurs soient cloîtrées, contrairement à la norme du temps pour les communautés féminines. Elles font des vœux mais vivent dans le monde, ce qui leur permet d’ouvrir un chapelet d’écoles le long du Saint-Laurent. C’est révolutionnaire ! Sur les lieux de l’actuel Grand Séminaire de Montréal, rue Sherbrooke, on peut admirer deux tours qui sont les vestiges d’une école ouverte par la congrégation de Notre-Dame pour les jeunes Amérindiennes aux tout débuts de la colonie. Nous sommes à l’intersection de la rue du Fort, qui trouve là l’origine de son nom.
Mais Marguerite a maille à partir avec les autorités ecclésiastiques. Elle fait bande à part et agace. L’évêque de Nouvelle-France, Mgr de Saint-Vallier, veut annexer sa congrégation à celle des Ursulines de Québec, également vouées à l’éducation. Elle finit par le convaincre d’approuver son projet.

Pionnière de l’accès à l’éducation, Marguerite refuse également de tenir compte des classes sociales. Elle prescrit qu’on accepte les élèves «sans distinction de pauvres ou de riches, de parents et amis ou de personnes étrangères, jolies ou laides, douces ou grondeuses», et de peau rouge ou de peau blanche.

C’est enfin Marguerite Bourgeoys qui prend en charge les Filles du Roy, envoyées par la mère-patrie en 1663 pour équilibrer la proportion d’hommes et de femmes en Nouvelle-France. Avant leur arrivée, on comptait 19 hommes pour une femme ! Ces orphelines promises à la misère en France, venues à Ville-Marie en quête d’un meilleur avenir, sont les mères de la patrie. Pas de descendance, pas de nouvelles générations de Montréalais sans elles ! Marguerite Bourgeoys les accueille à la Maison Saint-Gabriel, dans l’actuel arrondissement de Pointe Saint-Charles. En attendant de trouver mari (ce qui ne saurait tarder!), elles y sont initiées à l’agriculture et aux arts ménagers tels qu’ils se pratiquent au pays. On peut toujours visiter la Maison Saint-Gabriel, exceptionnel vestige où une vaillante animatrice de la Congrégation de Notre-Dame, sœur Madeleine Juneau, se démène pour perpétuer la mémoire de cette œuvre.

Vingt ans après sa fondation, grâce au concours de deux femmes de tête et de cœur entourées de vaillantes collaboratrices, Ville-Marie peut donc compter sur un premier réseau d’institutions de santé et d’éducation. Et d’autres femmes viendront bientôt…

Extrait de

De Ville-Marie à Montréal
Gilles Proulx
Éditions Médiaspaul
88 pages – 14,95 $

Une vivante histoire de la ville, racontée avec talent par ce conteur né qu’est Gilles Proulx.

Des anecdotes peu connues qui nous incitent à découvrir l’histoire en profondeur.

La fondation de Montréal et ses premières années ont été une véritable épopée mystique. Puis, après la Conquête, l’Église devenue l’alliée rusée du pouvoir britannique a marqué le développement, l’esprit et le paysage de la « ville aux cent clochers ». Qui s’en souvient encore ? Avec le talent de conteur qu’on lui connaît, Gilles Proulx fait revivre cette histoire dans ses grands tournants comme dans ses petits faits aussi concrets que révélateurs. Des intrépides fondateurs Maisonneuve et Jeanne Mance au majestueux cardinal Léger, en passant par cet athlète de la foi que fut le Frère André, des personnages d’envergure s’animent sous sa plume. Plusieurs monuments familiers aux Montréalais prennent également un sens nouveau.

Ce récit, illustré de photos de l’auteur et de documents d’époque, nous permet de renouer avec une dimension de notre passé décisive mais méconnue, et ainsi de mieux comprendre le Montréal d’aujourd’hui.

Animateur de radio et de télévision, Gilles Proulx signe des chroniques d’opinion et de voyage chaque semaine dans le Journal de Montréal. Photographe et voyageur, il a publié plusieurs livres dont récemment Nouvelle-France, ce qu’on aurait dû nous enseigner et Montréal, 60 évènements qui ont marqué l’histoire de la Métropole aux Éditions du Journal.

La guerre dans la nuit spirituelle

Renaître à la vie spirituelle

La guerre dans la nuit
Tout en nous résiste au salut. Prométhée nous répète qu’il est une dégradante entreprise pour l’humanité même de l’homme. Pourquoi vouloir être sauvé ? Mieux vaut empoigner sa vie, se secouer, oublier le négatif, entreprendre, se réformer, devenir un exemple, se faire tout seul, réussir enfin – être quelqu’un, par soi-même, quelle gloire ! Disons-le: cultiver ainsi l’élan vital n’est pas à blâmer, au contraire. Nietzsche, depuis longtemps, et ses successeurs multiples, plus ou moins talentueux, nous ont enseigné la bonté de la force. Il y a un enthousiasme naturel qui honore l’homme et sa dignité. Il y a une soif d’apprendre, de connaître, de chercher, qui raconte la grandeur de la destinée humaine. Et il y a une médiocrité chrétienne, quelquefois entretenue à dessein, qui abâtardit le christianisme et le dessert : finalement, plus on s’est refusé à la critique, plus celle-ci vous submerge et chez certaines âmes autrefois « pieuses », le refus de Dieu est strictement proportionnel au déni passé de la critique.

Mais cet élan vital est-il en nous tellement incompatible avec la fragilité ? Nicodème est un savant, un chercheur, un lettré : cette quête incessante à la fois mobilise ses facultés intellectuelles et le pousse à marcher, de nuit, vers Jésus. Tout ce qui conduit un être humain à déchiffrer l’énigme de son humanité est aussi ce qui le convie, de jour, à se jeter dans des bras sauveurs. Et cette remise de soi à plus grand que soi – manière de dire ce qu’est la foi, ou la prière : une espèce d’abandon – relance l’interrogation de qui, déjà, se sait sauvé. Tel est, en l’homme quêteur de sens, le lieu du combat.

Extrait de

Renaître à la vie spirituelle
Benoît Lobet / Éditions Salvator
978-2-7067-1473-3 / 144 pages

Un homme vient, de nuit, voir Jésus. Il se nomme Nicodème. Son but ? Découvrir le sens de sa vie, trouver la lampe qui éclaire ses pas. Son intuition est que le rabbi de Nazareth est peut-être ce puits de lumière qu’il cherche. « Veux-tu entrer dans le Royaume ? » lui demande Jésus. « Alors tu dois renaître d’en haut .» Cette parole plonge le vieillard dans un abîme de questions. Tout au long de ce livre, Nicodème sert de guide. Il aide le lecteur à comprendre la richesse d’une vie spirituelle. De fait, il représente chacun de nous marchant à tâtons dans l’obscurité des jours. Cette superbe méditation invite à retrouver le goût et la beauté d’une vie chrétienne authentiquement vécue.

Commençons par faire miséricorde

Commençons par faire miséricorde

…Et c’est précisément en pensant à cela que l’Écriture Sainte nous exhorte avec insistance à répondre généreusement aux demandes de prêts, sans faire de calculs mesquins et sans prétendre à des intérêts impossibles : « Si ton frère qui vit avec toi tombe dans la gêne et s’avère défaillant dans ses rapports avec toi, tu le soutiendras à titre d’étranger ou d’hôte et il vivra avec toi. Ne lui prends ni travail, ni intérêts, mais aie la crainte de ton Dieu et que ton frère vive avec toi. Tu ne lui donneras pas d’argent pour en tirer du profit ni de la nourriture pour en percevoir des intérêts. » (Lv 25, 35-37).

Cet enseignement est toujours actuel. Combien de familles sont dans la rue, victimes de l’usure ! S’il vous plaît, prions pour que pendant le jubilé le Seigneur ôte de notre cœur à tous, cette envie de posséder davantage, l’usure. Que nous redevenions généreux, grands. Combien de situations d’usure sommes-nous obligés de voir et que de souffrance et d’angoisse causent-elles aux familles ! Et très souvent, dans le désespoir, ces hommes finissent par se suicider car ils n’y arrivent plus et n’ont plus l’expérience, n’ont pas de main tendue qui les aide; seulement la main qui vient leur faire payer des intérêts. L’usure est un grave péché, c’est un péché qui crie devant Dieu. Le Seigneur a en revanche promis sa bénédiction à qui tend la main pour donner avec largesse (cf. Dr 15,10). Il te redonnera le double, peut-être pas en argent, mais en d’autres choses; le Seigneur te donnera toujours le double.

Chers frères et sœurs, le message biblique est très clair : s’ouvrir avec courage au partage, cela est la miséricorde! Et si nous voulons la miséricorde de Dieu, commençons par la faire nous-mêmes. C’est cela : commençons à la faire parmi nos concitoyens, dans les familles, sur les continents. Contribuer à réaliser une terre sans pauvres veut dire construire une société sans discriminations, fondée sur la solidarité qui conduit à partager ce qu’on possède, une répartition des ressources fondée sur la fraternité et sur la justice.

Extrait de :

Vivre le Carême et Pâques – Édition 2017
Pape François
Éditions Salvator
978-2-7067-1465-8 • 96 p. • 9,95 $

Voici un petit livret pour se préparer à la fête de Pâques en méditant les homélies du pape François.

Nouveautés en cette montée vers Pâques

Blogueavril copieDe Ville-Marie à Montréal
Gilles Proulx
ISBN 978-2-89760-117-1 • 88 p. • 14,95 $  Plus d’info
Avec le talent de conteur qu’on lui connaît, Gilles Proulx fait revivre l’histoire de Montréal depuis les intrépides fondateurs Maisonneuve et Jeanne Mance jusqu’au majestueux cardinal Léger, en passant par cet athlète de la foi que fut le Frère André.

Charles de Foucauld le frère universel
Catherine McKee
ISBN 978-2-89760-118-8 p. • 192 p. • 19,95 $  Plus d’info
Pour un grand nombre de congrégations du XXe siècle, Charles de Foucauld a été et reste une grande source d’inspiration spirituelle. Membre de l’une d’elles, l’auteure nous offre ici un portrait spirituel de ce frère universel qui nous permet de mieux le cerner.

Vivre le Carême et Pâques – Édition 2017
Pape François
ISBN 978-2-7067-1465-8 • 96 p. • 9,95 $
Voici un petit livret pour se préparer à la fête de Pâques en méditant les homélies du pape François.
Guérir
Dix gestes de Jésus qui sauvent
Frère MichaelDavide
ISBN 978-2-7067-1474-0 • 192 p. • 28,95 $
L’auteur propose une retraite spirituelle comme un chemin de guérison qui veut rendre les chrétiens plus humains en les aidant à se laver de l’inhumanité qui s’incruste en eux au quotidien et entamer un processus de purification pour recouvrer la joie de vivre.

Scandaleuse miséricorde
Quand Dieu dépasse les bornes
Sœur Emmanuel Maillard
ISBN 979-10-306-0137-4 • 300 p. • 28,95 $
Ce livre offre une très belle sélection de témoignages glanés par l’auteure au cours de ses nombreuses missions. Ces fioretti offrent l’avantage d’être captivants et ont pour but de procurer un enrichissement intérieur et des clés pour retrouver l’espérance dans des situations difficiles.

Mes plus belles histoires bibliques
Juliet David & Mikki Butterley
ISBN 979-10-306-0091-9 • 216 p. • 24,95 $
Dans ce joli petit livre relié et joyeusement illustré, les plus belles histoires de la Bible ont été reformulées pour initier les plus jeunes aux versets de l’Écriture Sainte.
Le Magnificat
Martin Luther
ISBN 978-2-85313-874-1 • 168 p. • 24,95 $
Écrit à une des périodes les plus tourmentées de la vie de Luther, ce commentaire du Magnificat est une initiation à la pensée du réformateur mais, avant tout, une très originale et très pure vision de Marie qui chante la grandeur de Dieu.

Vivre du Christ avec Marie
Noël-Marie Rath
ISBN 978-2-7067-1479-5 • 160 p. • 27,95 $
L’auteur offre de méditer onze pages d’évangile marquées par le témoignage souvent discret de Marie : la Crèche, Cana, le Cénacle, la Croix… De ce pèlerinage aux sources, il ressort que si Marie n’a jamais été le centre de la foi elle y tient une place centrale.

Neuvaine à Saint-Joseph
Marie Boyer
ISBN 978-2-7067-1496-2 • 48 p. • 6,50 $
Fêté au cours de l’année liturgique le 19 mars, mais aussi le 1er mai en tant que saint patron des travailleurs, saint Joseph apparaît comme un gardien bienveillant et protecteur, en particulier des familles, à qui on peut se confier sans réserve dans la prière.
Miséricordieux comme le Père
Retraite spirituelle prêchée aux prêtres et aux séminaristes
Pape François
ISBN 978-2-89760-124-9 • 88 p. • 4,95 $  Plus d’info
Dans cette proposition d’une retraite spirituelle adressée aux prêtres, transparaît la profonde humanité de pape François, son cœur de pasteur qui veut se faire proche de tous selon l’esprit de l’Évangile, et qui nous demande de le suivre sur ce chemin.

Comment supporter patiemment les personnes qui nous dérangent
Christian Albini
ISBN 979-10-306-0135-0 • 72 p. • 12,95 $
Supporter avec patience est une des quatorze œuvres de miséricorde de la tradition spirituelle. L’auteur propose une lecture actualisée des deux mots pour nous aider à répondre à la question : comment aimer les importuns qui nous dérangent.

La chèvre et le figuier
Dialogue espiègle sur l’existence de Dieu
Aline Jaccottet, Philippe Baud
ISBN 978-2-7122-1426-5 • 128 p. • 19,95 $  Plus d’info
Dans ce dialogue d’une grande richesse spirituelle entre une adolescente en quête de sens et un prêtre rompu aux interrogations sans concession, les deux protagonistes approfondissent, avec sérieux et humour, les questions essentielles de l’existence.

Les ministères aujourd’hui
Luc Forestier
ISBN 978-2-7067-1475-7 • 208 p. • 34,95 $
En écho aux propos récents du pape François sur la situation des laïcs dans l’Église, ce livre propose une analyse approfondie des enjeux actuels des ministères qui devront s’ouvrir progressivement aux diacres, aux femmes et, en général, aux laïcs.

Ce que dit la Bible sur… la jalousie
Marie-Reine Mezzarobba
ISBN 978-2-85313-878-9 • 128 p. • 21,95 $
Omniprésente dans la Bible, la jalousie n’est pas seulement décrite ici dans ses multiples facettes psychanalytiques : l’auteure offre une lecture fine, profonde et originale des nombreux récits bibliques qui l’utilisent, parfois aux fins de guérison ou de libération.

Ce que dit la Bible sur… la confiance
Patrick Laudet
ISBN 978-2-85313-876-5 • 128 p. • 21,95 $
L’auteur explore la Bible pour redonner à la confiance ses lettres de noblesse qu’il définit comme l’ADN secret de notre humanité, le soubassement même de la vie et dont on a selon lui, malheureusement dévalué la capacité à réparer les êtres et les former.
Sources de sagesse
Sagesses antique et biblique comparées
Jean Emériau
ISBN 978-2-7067-1451-1 • 304 p. • 34,95 $
La grande originalité de cet ouvrage est de mettre en vis-à-vis des textes de la Bible et des textes profanes de l’Antiquité classique. Au lieu de les opposer, l’auteur met en lumière leurs liens et montre combien ces écrits ainsi juxtaposés prennent un nouveau sens.

Dieu au cœur de notre famille
Des outils pour l’intelligence de la foi
Jean-Marie Élie Setbon
ISBN 978-2-7067-1481-8 • 160 p. • 24,95 $
À partir d’une multitude de thématiques, l’auteur nous propose une méthode singulière pour apprendre à argumenter sur la foi chrétienne en s’appuyant sur l’intelligence et le discernement et ainsi de se former pour être capable de transmettre à son tour.

Ces Psaumes qui nous heurtent
Plaidoyer pour une prière mieux ajustée à l’Évangile
Paul Bosse-Platière
ISBN 978-2-7122-1444-9 • 112 p. • 16,95 $  Plus d’info
À l’heure d’un nouveau retour de la barbarie au nom de Dieu, l’auteur s’interroge sur les raisons qui obligent les chrétiens à prier de nombreux passages violents des psaumes et s’il n’est pas temps pour l’Église de rejeter certains appels à la haine et autres imprécations vengeresses.