375e – Gilles Proulx raconte Montréal

Une affaire de femmes !

Dotée d’un fort, Ville-Marie se voit très tôt pourvue d’un deuxième bâtiment important : trois ans après l’installation, Jeanne Mance fonde l’Hôtel-Dieu, l’ancêtre de l’hôpital universitaire actuel, au coin des rues Saint-Paul et Saint-Sulpice. Seule une plaque nous rappelle aujourd’hui son existence… Un peu plus de 10 ans après, elle fait venir de France les premières Religieuses hospitalières de Saint-Joseph pour la seconder. Ce sont ces religieuses qui prendront les rênes de l’hôpital à la mort de Mance et qui administreront ses biens jusqu’en… 1973 ! L’Hôtel-Dieu demeure le seul hôpital de Montréal jusqu’en 1822. C’est en 1861 que les religieuses le déménageront à l’angle actuel des rues Saint-Urbain et Des Pins. Il s’agit à l’époque de protéger les malades de l’insalubrité due à la densité de population en s’installant… en pleine campagne ! Des problèmes de pollution, déjà… À l’heure où l’avènement du nouveau CHUM entraîne un autre déménagement de l’Hôtel-Dieu, qu’adviendra-t-il de ce haut lieu patrimonial qu’est le complexe de la rue Saint-Urbain ? Heureusement, la ville de Montréal l’a récemment acheté, et on peut espérer qu’elle sera attentive à la préservation de sa valeur historique.

Quant à Jeanne Mance, moi qui me méfie beaucoup de toute tendance à réécrire l’histoire pour l’ajuster aux mentalités modernes, j’avoue avoir applaudi à la décision prise en 2012 de la reconnaître officiellement comme cofondatrice de Montréal, avec Maisonneuve. Elle a eu une importance inestimable.

Et la place exceptionnelle des femmes aux origines de la ville ne s’arrête pas là.

Dix ans après sa fondation, le projet montréalais reste douteux et incertain : tout au plus une cinquantaine de personnes peinent à peupler la petite bourgade perdue en ce pays glacial qu’est le Canada. En 1651, Maisonneuve doit retourner en France tenter de recruter de nouveaux colons. La lucidité semble prendre le pas sur la ferveur de ce visionnaire. Est-il découragé ? Après tout, il a ses hauts et ses bas comme tout le monde… Il avoue que si les renforts ne viennent pas, il faudra mettre fin à la folle entreprise. Mais en 1653, le voici de retour avec 95 nouveaux aspirants montréalais! La Société de Notre-Dame a de nouveau réussi, de justesse, à rassembler les fonds nécessaires à leur venue. C’est encore bien peu, mais c’est quand même un coup de main.

À bord du bateau qui s’amène, il y a une jeune femme qui sera des plus précieuses à l’avenir de la colonie : Marguerite Bourgeoys foule le sol de Ville-Marie et s’apprête à lui donner son premier réseau d’écoles. Amie de la sœur de Maisonneuve, c’est une mystique qui souhaite se consacrer à l’éducation des enfants français et amérindiens en Nouvelle-France. Une mission qu’elle ne pourra pas honorer au début, parce que les quelques enfants de la petite peuplade sont presque tous morts, emportés par la maladie ou les attaques iroquoises ! En attendant, elle ne perd pas son temps : elle entreprend une corvée pour la construction de la chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours, première église de Montréal, qui existe toujours. Elle a été reconstruite et son aspect actuel date de la fin du XIXe siècle, mais son emplacement inchangé rappelle les tout débuts de la ville.

En 1659, Marguerite Bourgeoys retourne en France pour y recruter une poignée d’institutrices, avec lesquelles elle fonde la congrégation de Notre-Dame, appelée à façonner le paysage montréalais jusqu’à la Révolution tranquille. Qu’on pense seulement aux collèges Dawson, Marianopolis, Villa-Maria, tous d’anciens bâtiments de la CND ! Mais à cette époque, rien n’est gagné, d’autant moins qu’il s’agit d’une communauté innovatrice. Marguerite refuse que ses sœurs soient cloîtrées, contrairement à la norme du temps pour les communautés féminines. Elles font des vœux mais vivent dans le monde, ce qui leur permet d’ouvrir un chapelet d’écoles le long du Saint-Laurent. C’est révolutionnaire ! Sur les lieux de l’actuel Grand Séminaire de Montréal, rue Sherbrooke, on peut admirer deux tours qui sont les vestiges d’une école ouverte par la congrégation de Notre-Dame pour les jeunes Amérindiennes aux tout débuts de la colonie. Nous sommes à l’intersection de la rue du Fort, qui trouve là l’origine de son nom.
Mais Marguerite a maille à partir avec les autorités ecclésiastiques. Elle fait bande à part et agace. L’évêque de Nouvelle-France, Mgr de Saint-Vallier, veut annexer sa congrégation à celle des Ursulines de Québec, également vouées à l’éducation. Elle finit par le convaincre d’approuver son projet.

Pionnière de l’accès à l’éducation, Marguerite refuse également de tenir compte des classes sociales. Elle prescrit qu’on accepte les élèves «sans distinction de pauvres ou de riches, de parents et amis ou de personnes étrangères, jolies ou laides, douces ou grondeuses», et de peau rouge ou de peau blanche.

C’est enfin Marguerite Bourgeoys qui prend en charge les Filles du Roy, envoyées par la mère-patrie en 1663 pour équilibrer la proportion d’hommes et de femmes en Nouvelle-France. Avant leur arrivée, on comptait 19 hommes pour une femme ! Ces orphelines promises à la misère en France, venues à Ville-Marie en quête d’un meilleur avenir, sont les mères de la patrie. Pas de descendance, pas de nouvelles générations de Montréalais sans elles ! Marguerite Bourgeoys les accueille à la Maison Saint-Gabriel, dans l’actuel arrondissement de Pointe Saint-Charles. En attendant de trouver mari (ce qui ne saurait tarder!), elles y sont initiées à l’agriculture et aux arts ménagers tels qu’ils se pratiquent au pays. On peut toujours visiter la Maison Saint-Gabriel, exceptionnel vestige où une vaillante animatrice de la Congrégation de Notre-Dame, sœur Madeleine Juneau, se démène pour perpétuer la mémoire de cette œuvre.

Vingt ans après sa fondation, grâce au concours de deux femmes de tête et de cœur entourées de vaillantes collaboratrices, Ville-Marie peut donc compter sur un premier réseau d’institutions de santé et d’éducation. Et d’autres femmes viendront bientôt…

Extrait de

De Ville-Marie à Montréal
Gilles Proulx
Éditions Médiaspaul
88 pages – 14,95 $

Une vivante histoire de la ville, racontée avec talent par ce conteur né qu’est Gilles Proulx.

Des anecdotes peu connues qui nous incitent à découvrir l’histoire en profondeur.

La fondation de Montréal et ses premières années ont été une véritable épopée mystique. Puis, après la Conquête, l’Église devenue l’alliée rusée du pouvoir britannique a marqué le développement, l’esprit et le paysage de la « ville aux cent clochers ». Qui s’en souvient encore ? Avec le talent de conteur qu’on lui connaît, Gilles Proulx fait revivre cette histoire dans ses grands tournants comme dans ses petits faits aussi concrets que révélateurs. Des intrépides fondateurs Maisonneuve et Jeanne Mance au majestueux cardinal Léger, en passant par cet athlète de la foi que fut le Frère André, des personnages d’envergure s’animent sous sa plume. Plusieurs monuments familiers aux Montréalais prennent également un sens nouveau.

Ce récit, illustré de photos de l’auteur et de documents d’époque, nous permet de renouer avec une dimension de notre passé décisive mais méconnue, et ainsi de mieux comprendre le Montréal d’aujourd’hui.

Animateur de radio et de télévision, Gilles Proulx signe des chroniques d’opinion et de voyage chaque semaine dans le Journal de Montréal. Photographe et voyageur, il a publié plusieurs livres dont récemment Nouvelle-France, ce qu’on aurait dû nous enseigner et Montréal, 60 évènements qui ont marqué l’histoire de la Métropole aux Éditions du Journal.

La guerre dans la nuit spirituelle

Renaître à la vie spirituelle

La guerre dans la nuit
Tout en nous résiste au salut. Prométhée nous répète qu’il est une dégradante entreprise pour l’humanité même de l’homme. Pourquoi vouloir être sauvé ? Mieux vaut empoigner sa vie, se secouer, oublier le négatif, entreprendre, se réformer, devenir un exemple, se faire tout seul, réussir enfin – être quelqu’un, par soi-même, quelle gloire ! Disons-le: cultiver ainsi l’élan vital n’est pas à blâmer, au contraire. Nietzsche, depuis longtemps, et ses successeurs multiples, plus ou moins talentueux, nous ont enseigné la bonté de la force. Il y a un enthousiasme naturel qui honore l’homme et sa dignité. Il y a une soif d’apprendre, de connaître, de chercher, qui raconte la grandeur de la destinée humaine. Et il y a une médiocrité chrétienne, quelquefois entretenue à dessein, qui abâtardit le christianisme et le dessert : finalement, plus on s’est refusé à la critique, plus celle-ci vous submerge et chez certaines âmes autrefois « pieuses », le refus de Dieu est strictement proportionnel au déni passé de la critique.

Mais cet élan vital est-il en nous tellement incompatible avec la fragilité ? Nicodème est un savant, un chercheur, un lettré : cette quête incessante à la fois mobilise ses facultés intellectuelles et le pousse à marcher, de nuit, vers Jésus. Tout ce qui conduit un être humain à déchiffrer l’énigme de son humanité est aussi ce qui le convie, de jour, à se jeter dans des bras sauveurs. Et cette remise de soi à plus grand que soi – manière de dire ce qu’est la foi, ou la prière : une espèce d’abandon – relance l’interrogation de qui, déjà, se sait sauvé. Tel est, en l’homme quêteur de sens, le lieu du combat.

Extrait de

Renaître à la vie spirituelle
Benoît Lobet / Éditions Salvator
978-2-7067-1473-3 / 144 pages

Un homme vient, de nuit, voir Jésus. Il se nomme Nicodème. Son but ? Découvrir le sens de sa vie, trouver la lampe qui éclaire ses pas. Son intuition est que le rabbi de Nazareth est peut-être ce puits de lumière qu’il cherche. « Veux-tu entrer dans le Royaume ? » lui demande Jésus. « Alors tu dois renaître d’en haut .» Cette parole plonge le vieillard dans un abîme de questions. Tout au long de ce livre, Nicodème sert de guide. Il aide le lecteur à comprendre la richesse d’une vie spirituelle. De fait, il représente chacun de nous marchant à tâtons dans l’obscurité des jours. Cette superbe méditation invite à retrouver le goût et la beauté d’une vie chrétienne authentiquement vécue.

Commençons par faire miséricorde

Commençons par faire miséricorde

…Et c’est précisément en pensant à cela que l’Écriture Sainte nous exhorte avec insistance à répondre généreusement aux demandes de prêts, sans faire de calculs mesquins et sans prétendre à des intérêts impossibles : « Si ton frère qui vit avec toi tombe dans la gêne et s’avère défaillant dans ses rapports avec toi, tu le soutiendras à titre d’étranger ou d’hôte et il vivra avec toi. Ne lui prends ni travail, ni intérêts, mais aie la crainte de ton Dieu et que ton frère vive avec toi. Tu ne lui donneras pas d’argent pour en tirer du profit ni de la nourriture pour en percevoir des intérêts. » (Lv 25, 35-37).

Cet enseignement est toujours actuel. Combien de familles sont dans la rue, victimes de l’usure ! S’il vous plaît, prions pour que pendant le jubilé le Seigneur ôte de notre cœur à tous, cette envie de posséder davantage, l’usure. Que nous redevenions généreux, grands. Combien de situations d’usure sommes-nous obligés de voir et que de souffrance et d’angoisse causent-elles aux familles ! Et très souvent, dans le désespoir, ces hommes finissent par se suicider car ils n’y arrivent plus et n’ont plus l’expérience, n’ont pas de main tendue qui les aide; seulement la main qui vient leur faire payer des intérêts. L’usure est un grave péché, c’est un péché qui crie devant Dieu. Le Seigneur a en revanche promis sa bénédiction à qui tend la main pour donner avec largesse (cf. Dr 15,10). Il te redonnera le double, peut-être pas en argent, mais en d’autres choses; le Seigneur te donnera toujours le double.

Chers frères et sœurs, le message biblique est très clair : s’ouvrir avec courage au partage, cela est la miséricorde! Et si nous voulons la miséricorde de Dieu, commençons par la faire nous-mêmes. C’est cela : commençons à la faire parmi nos concitoyens, dans les familles, sur les continents. Contribuer à réaliser une terre sans pauvres veut dire construire une société sans discriminations, fondée sur la solidarité qui conduit à partager ce qu’on possède, une répartition des ressources fondée sur la fraternité et sur la justice.

Extrait de :

Vivre le Carême et Pâques – Édition 2017
Pape François
Éditions Salvator
978-2-7067-1465-8 • 96 p. • 9,95 $

Voici un petit livret pour se préparer à la fête de Pâques en méditant les homélies du pape François.

Nouveautés en cette montée vers Pâques

Blogueavril copieDe Ville-Marie à Montréal
Gilles Proulx
ISBN 978-2-89760-117-1 • 88 p. • 14,95 $  Plus d’info
Avec le talent de conteur qu’on lui connaît, Gilles Proulx fait revivre l’histoire de Montréal depuis les intrépides fondateurs Maisonneuve et Jeanne Mance jusqu’au majestueux cardinal Léger, en passant par cet athlète de la foi que fut le Frère André.

Charles de Foucauld le frère universel
Catherine McKee
ISBN 978-2-89760-118-8 p. • 192 p. • 19,95 $  Plus d’info
Pour un grand nombre de congrégations du XXe siècle, Charles de Foucauld a été et reste une grande source d’inspiration spirituelle. Membre de l’une d’elles, l’auteure nous offre ici un portrait spirituel de ce frère universel qui nous permet de mieux le cerner.

Vivre le Carême et Pâques – Édition 2017
Pape François
ISBN 978-2-7067-1465-8 • 96 p. • 9,95 $
Voici un petit livret pour se préparer à la fête de Pâques en méditant les homélies du pape François.
Guérir
Dix gestes de Jésus qui sauvent
Frère MichaelDavide
ISBN 978-2-7067-1474-0 • 192 p. • 28,95 $
L’auteur propose une retraite spirituelle comme un chemin de guérison qui veut rendre les chrétiens plus humains en les aidant à se laver de l’inhumanité qui s’incruste en eux au quotidien et entamer un processus de purification pour recouvrer la joie de vivre.

Scandaleuse miséricorde
Quand Dieu dépasse les bornes
Sœur Emmanuel Maillard
ISBN 979-10-306-0137-4 • 300 p. • 28,95 $
Ce livre offre une très belle sélection de témoignages glanés par l’auteure au cours de ses nombreuses missions. Ces fioretti offrent l’avantage d’être captivants et ont pour but de procurer un enrichissement intérieur et des clés pour retrouver l’espérance dans des situations difficiles.

Mes plus belles histoires bibliques
Juliet David & Mikki Butterley
ISBN 979-10-306-0091-9 • 216 p. • 24,95 $
Dans ce joli petit livre relié et joyeusement illustré, les plus belles histoires de la Bible ont été reformulées pour initier les plus jeunes aux versets de l’Écriture Sainte.
Le Magnificat
Martin Luther
ISBN 978-2-85313-874-1 • 168 p. • 24,95 $
Écrit à une des périodes les plus tourmentées de la vie de Luther, ce commentaire du Magnificat est une initiation à la pensée du réformateur mais, avant tout, une très originale et très pure vision de Marie qui chante la grandeur de Dieu.

Vivre du Christ avec Marie
Noël-Marie Rath
ISBN 978-2-7067-1479-5 • 160 p. • 27,95 $
L’auteur offre de méditer onze pages d’évangile marquées par le témoignage souvent discret de Marie : la Crèche, Cana, le Cénacle, la Croix… De ce pèlerinage aux sources, il ressort que si Marie n’a jamais été le centre de la foi elle y tient une place centrale.

Neuvaine à Saint-Joseph
Marie Boyer
ISBN 978-2-7067-1496-2 • 48 p. • 6,50 $
Fêté au cours de l’année liturgique le 19 mars, mais aussi le 1er mai en tant que saint patron des travailleurs, saint Joseph apparaît comme un gardien bienveillant et protecteur, en particulier des familles, à qui on peut se confier sans réserve dans la prière.
Miséricordieux comme le Père
Retraite spirituelle prêchée aux prêtres et aux séminaristes
Pape François
ISBN 978-2-89760-124-9 • 88 p. • 4,95 $  Plus d’info
Dans cette proposition d’une retraite spirituelle adressée aux prêtres, transparaît la profonde humanité de pape François, son cœur de pasteur qui veut se faire proche de tous selon l’esprit de l’Évangile, et qui nous demande de le suivre sur ce chemin.

Comment supporter patiemment les personnes qui nous dérangent
Christian Albini
ISBN 979-10-306-0135-0 • 72 p. • 12,95 $
Supporter avec patience est une des quatorze œuvres de miséricorde de la tradition spirituelle. L’auteur propose une lecture actualisée des deux mots pour nous aider à répondre à la question : comment aimer les importuns qui nous dérangent.

La chèvre et le figuier
Dialogue espiègle sur l’existence de Dieu
Aline Jaccottet, Philippe Baud
ISBN 978-2-7122-1426-5 • 128 p. • 19,95 $  Plus d’info
Dans ce dialogue d’une grande richesse spirituelle entre une adolescente en quête de sens et un prêtre rompu aux interrogations sans concession, les deux protagonistes approfondissent, avec sérieux et humour, les questions essentielles de l’existence.

Les ministères aujourd’hui
Luc Forestier
ISBN 978-2-7067-1475-7 • 208 p. • 34,95 $
En écho aux propos récents du pape François sur la situation des laïcs dans l’Église, ce livre propose une analyse approfondie des enjeux actuels des ministères qui devront s’ouvrir progressivement aux diacres, aux femmes et, en général, aux laïcs.

Ce que dit la Bible sur… la jalousie
Marie-Reine Mezzarobba
ISBN 978-2-85313-878-9 • 128 p. • 21,95 $
Omniprésente dans la Bible, la jalousie n’est pas seulement décrite ici dans ses multiples facettes psychanalytiques : l’auteure offre une lecture fine, profonde et originale des nombreux récits bibliques qui l’utilisent, parfois aux fins de guérison ou de libération.

Ce que dit la Bible sur… la confiance
Patrick Laudet
ISBN 978-2-85313-876-5 • 128 p. • 21,95 $
L’auteur explore la Bible pour redonner à la confiance ses lettres de noblesse qu’il définit comme l’ADN secret de notre humanité, le soubassement même de la vie et dont on a selon lui, malheureusement dévalué la capacité à réparer les êtres et les former.
Sources de sagesse
Sagesses antique et biblique comparées
Jean Emériau
ISBN 978-2-7067-1451-1 • 304 p. • 34,95 $
La grande originalité de cet ouvrage est de mettre en vis-à-vis des textes de la Bible et des textes profanes de l’Antiquité classique. Au lieu de les opposer, l’auteur met en lumière leurs liens et montre combien ces écrits ainsi juxtaposés prennent un nouveau sens.

Dieu au cœur de notre famille
Des outils pour l’intelligence de la foi
Jean-Marie Élie Setbon
ISBN 978-2-7067-1481-8 • 160 p. • 24,95 $
À partir d’une multitude de thématiques, l’auteur nous propose une méthode singulière pour apprendre à argumenter sur la foi chrétienne en s’appuyant sur l’intelligence et le discernement et ainsi de se former pour être capable de transmettre à son tour.

Ces Psaumes qui nous heurtent
Plaidoyer pour une prière mieux ajustée à l’Évangile
Paul Bosse-Platière
ISBN 978-2-7122-1444-9 • 112 p. • 16,95 $  Plus d’info
À l’heure d’un nouveau retour de la barbarie au nom de Dieu, l’auteur s’interroge sur les raisons qui obligent les chrétiens à prier de nombreux passages violents des psaumes et s’il n’est pas temps pour l’Église de rejeter certains appels à la haine et autres imprécations vengeresses.

Faire de la prière un stimulant de la vie de tous les jours

Prier comme les tournesols

Assis sur le muret de pierres sèches qui dessine un espace de silence entre l’ermitage et le chemin des pèlerins, mon regard se pose sur un lourd tournesol bourré de graines, aussi immobile qu’une sentinelle. À force de suivre la course du soleil, lui-même s’est habillé de soleil. Ah ! Comme j’aimerais lui ressembler, être moi aussi revêtu des couleurs du Divin ! Le spectacle du tournesol éveille en moi un vif désir de tendre vers Dieu de toute mon âme, de m’exposer à son rayonnement. Je m’émerveille de la beauté de Dieu. Je voudrais être aussi beau et fort que ce tournesol… Mais oui, à force de le contempler, je deviens tournesol, l’amour de Dieu me pénètre et m’environne de toutes parts, une joie paisible m’étreint, je savoure sa présence. Je crois que j’ai compris… Prier, c’est tendre vers Dieu, s’exposer à son rayonnement, à l’exemple du moine agenouillé devant le Saint-Sacrement, le regard fixé sur l’Hostie qu’il adore. Qu’il est facile de prier ! Et que la prière fait du bien à l’âme !

« Tu viens de goûter en profondeur aux bienfaits de la prière, commente le père Joseph. Et cela est bon, cela est vrai. Tu verras, Léo, si tu persévères, tu ne pourras plus te passer de prier. As-tu remarqué qu’en cette saison, les réceptacles charnus des tournesols sont devenus brunâtres et lourds de graines ? On dirait même qu’ils sèchent sur place, perdant leurs pétales. À toi aussi, il t’arrivera de traverser des saisons de désert et d’aridité, avec le sentiment que Dieu t’a abandonné, et tu perdras bien des illusions ! La prière te paraîtra insipide et vide de sens. Par moments, tu seras tenté de tout abandonner. Surtout, Léo, persévère dans la prière, à l’image du tournesol fatigué et lourd, mais toujours tourné vers le soleil, sans relâche. Reste stable et persévérant, accepte d’être dépouillé de ces joies sensibles qui émanaient de la prière. Repense au destin des tournesols : l’apparente sécheresse prépare en réalité des graines gonflées de vie et destinées à notre alimentation. Dans nos périodes de désert spirituel, Dieu prépare en nous des fruits insoupçonnés, des graines de vie, d’amour et d’espérance à semer à la volée ! Et, dans le secret de ton cœur, les racines qui te relient à Dieu grossissent et se fortifient. Comme le tournesol qui perd les pétales dont il était si fier, tu apprendras à te centrer de moins en moins sur toi, et de plus en plus sur Dieu, l’Astre lumineux. Sache que l’irruption de Dieu dans une vie ne laisse personne indemne, elle te laboure, te métamorphose, te déchire, parce que le Divin veut diffuser sa plénitude d’amour en toi. Mais n’allons pas trop vite, cela reste une musique d’avenir. Pour l’instant, continue d’explorer les voies de la prière. Va donc écouter le déchaînement des flots de la rivière au bas de la vallée et apprends d’elle la vérité sur Dieu et sur tes frères. Sois attentif aux cailloux qu’elle déplace, qu’elle lisse et polit. Prie avec elle, elle t’instruira sur la vie fraternelle. »

Extrait de

La prière dans tous ses états
Joël Pralong
Éditions des Béatitudes

L’auteur nous incite à ne pas nous décourager devant les inévitables difficultés de la méditation, de l’oraison et de la contemplation afin de faire de la prière un stimulant de la vie de tous les jours, une manière d’être présent aux autres, à soi et à Dieu.

Portraits de femmes

8 Mars: Journée internationale des femmes
Être & devenir femme
Rencontres sur quatre continents

Ce livre est un voyage à la rencontre de trente jeunes femmes, qui, dans plusieurs pays, ont réussi à surmonter les difficultés pour tracer leur propre chemin. Certaines ont échappé à des mariages forcés en Afrique ou à l’asservissement des usines textiles de Phnom Penh. D’autres ont surmonté l’isolement et la précarité en France ou encore contourné les réseaux de drogue et de prostitution dans les favelas brésiliennes. En cette journée particulière, nous vous offrons le témoignage de l’une d’entre elle.

« Chère dame aux arachides,

Permettez-moi de vous appeler ainsi car je ne connais pas votre nom. Nous ne nous sommes parlé qu’une fois, il y a bien longtemps, mais cet échange a changé ma vie. C’était au marché, vous vendiez des arachides. Moi, je venais faire des courses, comme tous les jours.

Ce matin-là, vous avez vu mon air triste. Vous m’avez demandé pourquoi je venais chaque jour au marché au lieu d’être à l’école. Je vous ai raconté mon histoire ; je vous ai parlé du décès de mon père, à la suite duquel j’ai été confiée à une tante qui m’a retirée de l’école pour que je m’occupe de l’entretien de sa maison.

Mon rêve était de pouvoir être un jour parmi ces étudiantes que je voyais passer le matin dans leur uniforme bleu clair. Vous m’avez alors prise par les épaules et m’avez dit cette phrase que je n’ai pas oubliée : « Oum dîn, mon enfant, tu as tout l’avenir devant toi ; si tu le veux, tu le peux! » Personne ne m’avait jamais parlé de la sorte.

Je n’ai pas eu l’occasion de vous revoir ensuite ; mais j’ai suivi vos conseils. Je suis allé trouver les Sœurs consolatrices et leur ai partagé mon désir de rejoindre la formation Claire Amitié avec les filles en uniforme. Les Sœurs m’ont fait une proposition : elles m’aideraient à financer la formation et, en échange, je travaillerais de temps en temps chez elles en cuisine. Mon cœur explosait de joie.

Ma tante était furieuse, mais elle ne pouvait pas s’opposer à la volonté des Sœurs. Durant les trois années de ma formation, elle a exigé que je me lève à l’aube pour faire le ménage et que je continue le soir après les cours. Ce fut une période épuisante, mais aussi une des plus belles de ma vie. Je redécouvrais la joie d’apprendre. Les animatrices de Claire Amitié me soutenaient et m’encourageaient ; elles reprenaient le rôle de mère et de conseillère dont je manquais.

À la fin de ma formation, j’avais la tête pleine de projets. Les organisatrices m’ont aidée à obtenir un prêt auprès d’Aide aux Villageois du Sahel (AVS) afin de lancer un petit commerce de coupe de bois qui a bien réussi. Encouragée par ce premier succès, j’ai obtenu un second prêt de l’AVS afin de lancer un élevage de volailles.

Malheureusement les difficultés sont vite réapparues ; comme pour me rappeler que la vie n’est jamais simple et qu’il faut continuer à se battre. Le projet d’élevage a échoué à cause du propriétaire du terrain qui a voulu m’escroquer. Cet échec m’a coûté beaucoup d’argent et d’énergie. Cette fois encore, les animatrices m’ont aidée à me relever de ce mauvais pas en me proposant un travail d’aide-cuisinière au foyer. Elles m’ont appris à économiser ; une notion que je ne connaissais pas.

Aujourd’hui, je suis enceinte de presque neuf mois. Mon mari ramène un peu d’argent à la maison mais je ne veux pas dépendre de lui. Il faut que je gagne ma vie pour pouvoir assurer l’éducation de ma fille. Je ferai tout pour qu’elle puisse terminer sa scolarité et qu’elle ait la possibilité de décider de son avenir. Dès que je serai rétablie de ma grossesse, je lancerai un nouveau projet dans la coupe de bois.

Donner bientôt la vie m’a fait penser à celle que j’ai vécue jusqu’ici. Cela m’a fait penser à vous. Sans le savoir, vous avez changé ma destinée. Grâce à vous, j’ai découvert Claire Amitié et les animatrices qui m’ont aidée à devenir celle que je suis, une femme accomplie. »

Mikaëlle.  Burkina Faso

Vous trouver d’autres portraits de femmes inspirantes dans :

 

Être & devenir femme
Rencontres sur quatre continents
Maroussia Klep
Éditions Nouvelle Cité
978-2-85313-879-6 • 172 pages