Faire de la prière un stimulant de la vie de tous les jours

Prier comme les tournesols

Assis sur le muret de pierres sèches qui dessine un espace de silence entre l’ermitage et le chemin des pèlerins, mon regard se pose sur un lourd tournesol bourré de graines, aussi immobile qu’une sentinelle. À force de suivre la course du soleil, lui-même s’est habillé de soleil. Ah ! Comme j’aimerais lui ressembler, être moi aussi revêtu des couleurs du Divin ! Le spectacle du tournesol éveille en moi un vif désir de tendre vers Dieu de toute mon âme, de m’exposer à son rayonnement. Je m’émerveille de la beauté de Dieu. Je voudrais être aussi beau et fort que ce tournesol… Mais oui, à force de le contempler, je deviens tournesol, l’amour de Dieu me pénètre et m’environne de toutes parts, une joie paisible m’étreint, je savoure sa présence. Je crois que j’ai compris… Prier, c’est tendre vers Dieu, s’exposer à son rayonnement, à l’exemple du moine agenouillé devant le Saint-Sacrement, le regard fixé sur l’Hostie qu’il adore. Qu’il est facile de prier ! Et que la prière fait du bien à l’âme !

« Tu viens de goûter en profondeur aux bienfaits de la prière, commente le père Joseph. Et cela est bon, cela est vrai. Tu verras, Léo, si tu persévères, tu ne pourras plus te passer de prier. As-tu remarqué qu’en cette saison, les réceptacles charnus des tournesols sont devenus brunâtres et lourds de graines ? On dirait même qu’ils sèchent sur place, perdant leurs pétales. À toi aussi, il t’arrivera de traverser des saisons de désert et d’aridité, avec le sentiment que Dieu t’a abandonné, et tu perdras bien des illusions ! La prière te paraîtra insipide et vide de sens. Par moments, tu seras tenté de tout abandonner. Surtout, Léo, persévère dans la prière, à l’image du tournesol fatigué et lourd, mais toujours tourné vers le soleil, sans relâche. Reste stable et persévérant, accepte d’être dépouillé de ces joies sensibles qui émanaient de la prière. Repense au destin des tournesols : l’apparente sécheresse prépare en réalité des graines gonflées de vie et destinées à notre alimentation. Dans nos périodes de désert spirituel, Dieu prépare en nous des fruits insoupçonnés, des graines de vie, d’amour et d’espérance à semer à la volée ! Et, dans le secret de ton cœur, les racines qui te relient à Dieu grossissent et se fortifient. Comme le tournesol qui perd les pétales dont il était si fier, tu apprendras à te centrer de moins en moins sur toi, et de plus en plus sur Dieu, l’Astre lumineux. Sache que l’irruption de Dieu dans une vie ne laisse personne indemne, elle te laboure, te métamorphose, te déchire, parce que le Divin veut diffuser sa plénitude d’amour en toi. Mais n’allons pas trop vite, cela reste une musique d’avenir. Pour l’instant, continue d’explorer les voies de la prière. Va donc écouter le déchaînement des flots de la rivière au bas de la vallée et apprends d’elle la vérité sur Dieu et sur tes frères. Sois attentif aux cailloux qu’elle déplace, qu’elle lisse et polit. Prie avec elle, elle t’instruira sur la vie fraternelle. »

Extrait de

La prière dans tous ses états
Joël Pralong
Éditions des Béatitudes

L’auteur nous incite à ne pas nous décourager devant les inévitables difficultés de la méditation, de l’oraison et de la contemplation afin de faire de la prière un stimulant de la vie de tous les jours, une manière d’être présent aux autres, à soi et à Dieu.

Portraits de femmes

8 Mars: Journée internationale des femmes
Être & devenir femme
Rencontres sur quatre continents

Ce livre est un voyage à la rencontre de trente jeunes femmes, qui, dans plusieurs pays, ont réussi à surmonter les difficultés pour tracer leur propre chemin. Certaines ont échappé à des mariages forcés en Afrique ou à l’asservissement des usines textiles de Phnom Penh. D’autres ont surmonté l’isolement et la précarité en France ou encore contourné les réseaux de drogue et de prostitution dans les favelas brésiliennes. En cette journée particulière, nous vous offrons le témoignage de l’une d’entre elle.

« Chère dame aux arachides,

Permettez-moi de vous appeler ainsi car je ne connais pas votre nom. Nous ne nous sommes parlé qu’une fois, il y a bien longtemps, mais cet échange a changé ma vie. C’était au marché, vous vendiez des arachides. Moi, je venais faire des courses, comme tous les jours.

Ce matin-là, vous avez vu mon air triste. Vous m’avez demandé pourquoi je venais chaque jour au marché au lieu d’être à l’école. Je vous ai raconté mon histoire ; je vous ai parlé du décès de mon père, à la suite duquel j’ai été confiée à une tante qui m’a retirée de l’école pour que je m’occupe de l’entretien de sa maison.

Mon rêve était de pouvoir être un jour parmi ces étudiantes que je voyais passer le matin dans leur uniforme bleu clair. Vous m’avez alors prise par les épaules et m’avez dit cette phrase que je n’ai pas oubliée : « Oum dîn, mon enfant, tu as tout l’avenir devant toi ; si tu le veux, tu le peux! » Personne ne m’avait jamais parlé de la sorte.

Je n’ai pas eu l’occasion de vous revoir ensuite ; mais j’ai suivi vos conseils. Je suis allé trouver les Sœurs consolatrices et leur ai partagé mon désir de rejoindre la formation Claire Amitié avec les filles en uniforme. Les Sœurs m’ont fait une proposition : elles m’aideraient à financer la formation et, en échange, je travaillerais de temps en temps chez elles en cuisine. Mon cœur explosait de joie.

Ma tante était furieuse, mais elle ne pouvait pas s’opposer à la volonté des Sœurs. Durant les trois années de ma formation, elle a exigé que je me lève à l’aube pour faire le ménage et que je continue le soir après les cours. Ce fut une période épuisante, mais aussi une des plus belles de ma vie. Je redécouvrais la joie d’apprendre. Les animatrices de Claire Amitié me soutenaient et m’encourageaient ; elles reprenaient le rôle de mère et de conseillère dont je manquais.

À la fin de ma formation, j’avais la tête pleine de projets. Les organisatrices m’ont aidée à obtenir un prêt auprès d’Aide aux Villageois du Sahel (AVS) afin de lancer un petit commerce de coupe de bois qui a bien réussi. Encouragée par ce premier succès, j’ai obtenu un second prêt de l’AVS afin de lancer un élevage de volailles.

Malheureusement les difficultés sont vite réapparues ; comme pour me rappeler que la vie n’est jamais simple et qu’il faut continuer à se battre. Le projet d’élevage a échoué à cause du propriétaire du terrain qui a voulu m’escroquer. Cet échec m’a coûté beaucoup d’argent et d’énergie. Cette fois encore, les animatrices m’ont aidée à me relever de ce mauvais pas en me proposant un travail d’aide-cuisinière au foyer. Elles m’ont appris à économiser ; une notion que je ne connaissais pas.

Aujourd’hui, je suis enceinte de presque neuf mois. Mon mari ramène un peu d’argent à la maison mais je ne veux pas dépendre de lui. Il faut que je gagne ma vie pour pouvoir assurer l’éducation de ma fille. Je ferai tout pour qu’elle puisse terminer sa scolarité et qu’elle ait la possibilité de décider de son avenir. Dès que je serai rétablie de ma grossesse, je lancerai un nouveau projet dans la coupe de bois.

Donner bientôt la vie m’a fait penser à celle que j’ai vécue jusqu’ici. Cela m’a fait penser à vous. Sans le savoir, vous avez changé ma destinée. Grâce à vous, j’ai découvert Claire Amitié et les animatrices qui m’ont aidée à devenir celle que je suis, une femme accomplie. »

Mikaëlle.  Burkina Faso

Vous trouver d’autres portraits de femmes inspirantes dans :

 

Être & devenir femme
Rencontres sur quatre continents
Maroussia Klep
Éditions Nouvelle Cité
978-2-85313-879-6 • 172 pages

La vie au rythme de la nature

nous-sommes-tous-ed-copie

Mi Taku Oyasin est une formule utilisée pour clore chacune des cérémonies amérindiennes. Elle signifie que toute vie est liée aux autres pour exister et qu’elles sont interdépendantes. Que tout ce qui nous entoure participe au même titre que l’être humain au Grand Mystère et que nous sommes tous engagés dans un combat commun pour sauver la Terre-Mère et la création tout entière : de l’infiniment grand à l’infiniment petit, de l’immensité de la mer au minuscule flocon de neige, de l’être humain au peuple des oiseaux, des plantes, des insectes et des animaux, des roches et des minéraux, des profonds et insondables abysses aux lointaines étoiles. Mi Taku Oyasin signifie que nous sommes tous issus de l’œuvre grandiose et mystérieuse du Créateur, ce qui nous donne mille et une raisons de respecter tout ce qui nous entoure, de contempler et de rendre grâce

La Route Rouge, c’est le chemin de la sagesse et de la spiritualité autochtones. Les grandes religions de l’humanité véhiculent des valeurs universelles : l’amour, le respect, la justice et la paix. Elles sont importantes. Elles aident les personnes qui les pratiquent à être meilleures et plus heureuses. Chaque jour, les médias nous informent des drames qui affectent la terre entière. Dans ce monde matérialiste où la religion et la spiritualité occupent de moins en moins d’importance, le mal de vivre règne en maître souverain. Les Premières Nations n’échappent pas à ce fléau. Certains Amérindiens reçoivent une rente annuelle en échange de leurs terres. L’oisiveté qui en résulte met en péril leur identité et leur fierté. Privés de leurs racines, ils trouvent refuge dans l’alcool et la drogue, entraînant un taux de mortalité, d’accidents de la route, de maladies et de suicides cinq fois plus élevé qu’ailleurs. C’est la nuit obscure, le mal de vivre. La guérison du corps et de l’âme ne sera possible que dans le retour aux rituels ancestraux : la loge à sudation et la quête d’une vision. Puisque le bonheur et la sagesse viennent en marchant, quelle que soit la phase de la vie que nous traversons, il n’est jamais trop tard pour emprunter le chemin vers la réalisation de notre nature profonde. Cette quête spirituelle favorise l’ouverture du cœur et de l’esprit et nous conduit vers le Créateur.

Les animaux et les plantes sont de précieux alliés pour nous guider sur la Route Rouge. L’aigle nous enseigne à voir avec les yeux du cœur, tandis que la douce mésange nous invite à la confiance. La légende amérindienne du brave petit colibri nous fait découvrir les possibilités immenses d’une seule première goutte d’eau, en nous conscientisant à l’urgence d’apporter simplement notre modeste contribution afin d’améliorer notre sort et celui de la planète tout entière pour les sept générations futures. Avec ses forces et ses faiblesses, chaque humain, chaque animal, chaque plante, chaque être qui peuple la terre exécutent tout simplement le plan mystérieux du Créateur et remplissent à leur façon leur mission dans la vie, nous invitant sans jugement à l’acceptation de ce qui ne peut être changé, à la compréhension et à l’infinie compassion.

Découvrir ainsi la beauté du monde ouvre notre cœur à l’amour et le magnifie. Le mystère de toute forme de vie nous rapproche du divin. Communier à la magnificence de la nature, voilà une autre façon de nous relier aux êtres qui nous entourent, d’être unis dans l’amour qui peut prendre plusieurs visages : l’amour d’un parent, d’un amoureux, d’un animal ou d’une cause à laquelle nous consacrons notre vie.

Pour s’inspirer de cette sagesse amérindienne  en connexion avec la nature

nous-sommes-tous-lies
Nous sommes tous liés

Claire Payment
Éditions Médiaspaul
978-2-89760-090-7
120 pages

Itinéraire spirituel avec Saint Louis-Marie de Montfort

blogue-sagesse-copieDONNE-MOI LA SAGESSE – PRÉPARATION AU PÈLERINAGE

« Pour aimer et rechercher la divine Sagesse, il est nécessaire de la connaître. »

Qu’est-ce que la sagesse ? Qui est la Sagesse ?
Tu avances sur la route de ta vie et tu cherches le bonheur. En réalité, c’est Dieu que tu cherches. Et tu le cherches parce que lui, déjà, te cherche depuis toujours. C’est lui qui t’attire, aujourd’hui, à prendre la voie Sagesse. Ta vraie recherche est de trouver une façon ou des moyens d’être heureux. Je t’offre un chemin à prendre, la voie spirituelle que je connais et qui va à la suite de toutes les aventures des humains de la Terre. Cette longue aventure, je l’explicite davantage dans une pièce annexe que j’ai ajoutée à la fin de ce livre. Elle te permettra de mieux te situer dans la lignée des chercheurs de bonheur. Pour le moment, arrêtons-nous à savoir qui est la Sagesse vers laquelle cet itinéraire veut te guider.

Pour Montfort, la Sagesse est « une science savoureuse ou le goût de Dieu et de la vérité » (ASE 13). Cette science, Dieu la possède à 100 %. Il la possède, car il est Sagesse. Il est cette science qui donne la capacité inépuisable de goûter, de discerner, de juger, de guider, de gouverner, d’agir avec amour, douceur, droiture, vérité, justice, miséricorde. C’est par le coeur que l’être humain entre dans cette science.

Mais saint Louis Marie Grignion de Montfort va plus loin. Pour lui, la Sagesse est « la seconde Personne de la Trinité, la Sagesse éternelle dans l’éternité, ou Jésus Christ dans le temps » (ASE 13). Tout le long de ton parcours, tu verras mieux comment Jésus possède, en tout point, cette science qui lui donne de discerner les appels du Père, de juger avec compassion et vérité, d’agir toujours avec douceur, droiture et miséricorde. Jésus a le goût du Père et il veut nous le partager.

Prendre la voie Sagesse, c’est goûter et savourer la Parole. Prendre la voie Sagesse, c’est vivre l’Évangile au jour le jour. Prendre la voie Sagesse, c’est vouloir devenir, comme Jésus et comme le Père : amour, justice, douceur. Prendre la voie Sagesse, c’est apprendre à discerner la vraie Sagesse de la fausse, car il y a plusieurs sortes de sagesse : « La véritable est le goût de la vérité sans mensonge ni déguisement ; la fausse est le goût du mensonge, couvert de l’apparence de la vérité » (ASE 13). Les fausses sagesses sont tout ce qui est contraire à la vérité, à la justice, à la douceur, au pardon, à l’amour. La vraie, c’est Quelqu’un qui est Chemin, Vérité, Vie. Prendre la voie Sagesse, c’est donc vivre à la manière de Jésus, la Sagesse incarnée. Tu ne choisis pas la facilité, mais l’amour. Et l’amour n’a rien de romantique parce qu’il conduit à faire des choix entre les sagesses qui s’offrent à nous, et c’est parfois difficile. Pourtant, là est la source du bonheur.

Avant de prendre la route, prends conscience que le chemin de Dieu est en dehors du chemin que tu organises ou que tu inventes. Si tu veux avancer, laisse tes idées toutes faites au bord du chemin, lève la tête et marche librement, sereinement, sans bagages, sans réticence, sans obligation. Dieu Sagesse t’appelle à du neuf et déjà il illumine la route devant toi. Chaque pas t’indiquera le pas suivant. Rien n’est gagné d’avance et rien n’est perdu. L’Esprit t’apprendra à commencer et recommencer. Tu auras peut-être l’impression de perdre le contrôle de ta vie, mais n’aie pas peur, c’est sans danger.

Partir en pèlerinage

Partir en pèlerinage suppose une préparation. C’est pourquoi je te propose une pré-étape : Habille ton coeur. Les thèmes suggérés te conduiront, sans doute, à la décision d’entrer ou non dans le processus qui t’est offert. Tu apprendras déjà à vivre le pèlerinage en partant d’une réflexion, suivie d’une aire de silence, pour visiter la Bible comme un touriste émerveillé et noter tes découvertes. Le moment de silence que je te propose est un moment de grâce où tu entres en relation avec toi et avec Dieu. Être silence, c’est contempler. La contemplation est prière. La prière est présence.

À toi de donner à chaque « jour » la longueur dont tu as besoin. Ne t’enferme pas dans un carcan de vingt-quatre heures. Rien ne te presse. Avance à ton rythme en t’accordant des temps forts de lecture, de réflexion, de partage.

« Il n’y a rien d’aussi doux que la connaissance de la divine Sagesse. »
ASE 10

Extrait de :

donne-moi-la-sagesseDonne-moi la Sagesse
Itinéraire spirituel avec saint Louis-Marie de Montfort
Claire Dumont
978-2-89760- 108-9 * 160 p. * 16,95 $

Voyez nos parutions de mars en Spiritualité

blogue-mars-copieblogue-mars-tout-copieblogue-mars-1-copieNous sommes tous liés
Étincelles de sagesse amérindienne
Claire Payment
ISBN 978-2-89760-090-7 • 120 p. • 16,95 $
Ce petit livre, né d’une contemplation amoureuse de la faune, de la flore et des traditions ancestrales de l’auteur est l’occasion d’aller à la rencontre de la pensée amérindienne et de s’ouvrir aux riches mystères de l’existence, à la sagesse et à un art de vivre.

La vie plus forte que la mort
Un mois avec des Chrétiens en Syrie
Yaël Jeanblanc
ISBN 979-10-306-0131-2 • 120 p. • 18,95 $
L’auteure relate les témoignages poignants de Chrétiens ayant vécu l’horreur de l’occupation des djihadistes durant huit mois et qui, malgré tout, sont restés enracinés dans une foi extraordinairement vivante dans la générosité, l’espérance et la joie.
blogue-mars-2-copieFrançois dans la tempête
Jean-Louis de La Vaissière
ISBN 978-2-7067-1464-1 • 224 p. • 32 $
Vaticaniste avisé et réputé, l’auteur dresse un premier bilan du règne de pape François. Mais au-delà des réformes engagées pour rendre l’Église plus proche des gens, se dessine une opposition qui montre un pape plus populaire hors de l’Église que dedans.

L’amour dans le mariageHors-série Magnificat
En couple, à l’écoute du pape François
ISBN 3700677972422 • 128 p. • 6,95 $
Ce livret vous offre le magnifique texte du chapitre 4 de l’exhortation du pape sur la famille, La joie de l’amour, accompagné de questions pour réfléchir personnellement, partager en couple, ou échanger en équipe.

Neuvaine pour la famille avec le pape François
En collaboration
ISBN 978-2-7067-1468-9 • 48 p. • 6,50 $
Cette neuvaine s’appuie sur l’Exhortation apostolique Amoris laetitia consacrée à la famille. Dans l’esprit de l’hymne à la charité de l’épître de saint Paul aux Corinthiens, il s’agit de prier pour demander la patience, la capacité de se soutenir les uns les autres.
blogue-mars-3-copieRenaître à la vie spirituelle
Benoît Lobet
ISBN 978-2-7067-1473-3 • 144 p. • 23,95 $
Dans cette méditation qui invite à retrouver le goût et la beauté d’une vie chrétienne authentiquement vécue, Nicodème sert de guide. Celui-ci était venu rencontrer Jésus pour découvrir le sens de sa vie et trouver la lampe pour éclairer ses pas.

Où es-tu ?
Présence à soi, présence de Dieu
Jean-François Noel
ISBN 978-2-7067-1467-2 • 192 p. • 31 $
Cette question que lance Dieu à Adam est aussi celle que l’homme s’adresse à lui-même lorsqu’il est confronté à ses propres limites. Il s’interroge alors sur lui-même et sur Dieu. Ce Dieu qui l’amène à deviner qu’il doit inventer le chemin de sa croissance.

La prière dans tous ses états
Initiation pour tous
Joël Pralong
ISBN 979-10-306-0092-6 • 152 p. • 14,95 $
L’auteur nous incite à ne pas nous décourager devant les inévitables difficultés de la méditation, de l’oraison et de la contemplation afin de faire de la prière un stimulant de la vie de tous les jours, une manière d’être présent aux autres, à soi et à Dieu.
blogue-mars-4-copieAppels au Dieu du silence
Dix méditations de Karl Rahner
Karl Rahner
ISBN 978-2-7067-1472-6 • 144 p. • 24,95 $
Ces méditations, écrites dans l’esprit du concile Vatican II et présentées sous forme de dialogue, sont le fruit d’une science théologique profonde et d’une parfaite connaissance de l’homme, de sa grandeur, de ses limites, de ses souffrances.

Chemin de croix – Les prêtres du Padreblog
Prêtres du Padreblog
ISBN 978-2-7067-1476-4 • 80 p. • 9,95 $
Dans la vie comme dans la prière, l’habitude tue l’amour. C’est pour que nous ne puissions jamais nous habituer à la souffrance de Jésus sur la croix que les prêtres du Padreblog ont accepté l’invitation qui leur était faite d’écrire ce chemin de croix.

Prières en commun
Gérard Wackenheim
ISBN 978-2-7122-1434-0 • 176 p. • 24,95 $
Il y a bien des façons de prier ensemble. Celles que propose l’auteur ont trait aux demandes ou invocations et trouvent leur réponse dans les prières universelles au cours de la messe ou dans celles offertes en partage d’évangile ou en réunion de prière.
blogue-mars-5-copieChoisis la vie
Parcours biblique et spirituel
Pierre Debergé
ISBN 978-2-7122-1439-5 • 160 p. • 21,95 $
L’auteur interroge la Bible, non pas pour y chercher des solutions aux questions d’aujourd’hui, mais parce que ce livre est riche de l’expérience de croyants qui ont laissé à l’humanité un message de foi en la grandeur de l’être humain.

Les Évangiles et les Actes des Apôtres – Édition 2017
En collaboration
ISBN 978-2-7122-1445-6 • 400 p. • 7,95 $
Cette édition de poche propose les textes essentiels de la foi chrétienne : les Évangiles, parce qu’ils relatent les faits et gestes de la prédication de Jésus en Palestine et les Actes, ceux des apôtres et des premières communautés chrétiennes.

Mes belles histoires bibliques
Sophie Piper, Dubravka Kolanovic
ISBN 978-2-7122-1436-4 • 64 p. • 15,95 $
Ces dix histoires bibliques, richement illustrées, relatent les épisodes les plus significatifs de la foi chrétienne tout en faisant appel à l’imagination des enfants pour aller à la découverte de ces grands figures que sont Moïse, Jésus, Daniel, etc.

blogue-mars-6-copieÉlisabeth de la Trinité et sa sœur Guite
Louange de gloire à quatre mains
Odile Haumonté
ISBN 979-10-306-0096-4 • 136 p. • 17,95 $
Nourries de la même spiritualité simple et profonde, les deux sœurs, dans un amour fraternel que la mort n’a pas diminué, ont fait de leur vie une louange à la gloire de Dieu, l’une dans sa vocation de consacrée et l’autre en épouse et mère de famille.

Un cœur miséricordieux
Méditations
Pape François
ISBN 979-10-306-0132-9 • 104 p. • 14,95 $
À travers la méditation de passages de l’Évangile, l’exemple des saints et le témoignage de situations concrètes, le pape François conduit le lecteur à emprunter la voie de cette simplicité évangélique qui comprend et pratique toute chose du point de vue de la miséricorde.

Spiritualité du diaconat
La grâce de servir
Didier Rance
ISBN 978-2-7067-1490-0 • 192 p. • 32,95 $
À partir de son expérience de diacre permanent et engagé dans le service de la charité envers les Églises les plus souffrantes et nécessiteuses, Didier Rance explore cette grâce de servir qui caractérise la spiritualité du ministère diaconal.

Pour une spiritualité de l’instant présent

temps-et-promesse-blog-copieEn se fondant sur la révélation biblique et les apports récents de l’anthropologie, José Tolentino Mendonça nous propose une spiritualité de l’instant présent qui implique les sens et le corps dans l’expression de la foi. Il montre comment notre corps, par les sens, nous ouvre à la présence de Dieu dans l’instant. Pour votre plaisir, nous vous proposons quelques extraits de son livre Le temps et la promesse paru aux Éditions des Béatitudes.

Ouvrir la vue
La lumière voyage à la vitesse vertigineuse de 300 000 km par seconde; c’est à cette voyageuse pressée que nous devons l’activation du mécanisme sophistiqué qui nous permet de passer de l’œil au regard. Il est bon de nous rappeler que la vue n’est pas seulement un sens, mais la synthèse de nombreux sens : le sens de l’intensité lumineuse, des couleurs, de la profondeur, de la distance… C’est un débat infini et éblouissant. Je me souviens d’une confession que le poète italien Tonino Guerra a faite un nombre incalculable de fois. Il disait que, tout comme les croyants, les agnostiques ont des doutes ; et que, en ce qui le concernait, rien ne le faisait entrer plus en crise dans son agnosticisme que la pensée du miracle absolu qu’est un œil. Cette pensée le laissait désarmé aux portes du mystère.
La vue fait du monde une fenêtre, mais nous percevons que le regard comporte d’autres dimensions tout aussi fondamentales, à commencer par celle de la réflexivité : notre corps, qui voit toutes choses, peut également se regarder. Il est en même temps celui qui voit et celui qui est vu. Comme l’écrit Merleau-Ponty:
« Si nos yeux étaient faits de telle sorte qu’aucune partie de notre corps ne tombât sous notre regard (…) ou si, comme certains animaux, nous avions des yeux latéraux, sans recoupement des champs visuels – ce corps, qui ne se réfléchirait pas, ne se sentirait pas, ce corps presque adamantin, qui ne serait pas tout à fait chair, ne serait pas non plus un corps d’homme, et il n’y aurait pas d’humanité. »
Le regard est fondamental pour vivre la rencontre avec nous-mêmes et avec les autres. Ce n’est qu’en regardant et en laissant s’imprimer en nous l’autre qui se trouve en face de nous que nous aimerions les personnes pour elles-mêmes. De la même manière, le regard nous est essentiel pour nous lancer dans l’aventure de la recherche du sens de la vie. L’un des plus importants traités théologiques sur la vue : La vision de Dieu (De visione dei), est né de la correspondance entre son auteur, Nicolas de Cues, et les moines de Tegernsee, au sujet de l’acte de voir ; cette correspondance avait pour but d’initier cette communauté bénédictine à la vision ineffable de Dieu. Voici comment Nicolas de Cues décrit le regard de Dieu:
 » Ton champ de vision, ô Dieu, ne se mesure pas, il est infini. Pour cette raison, ton regard embrasse simultanément tout ce qui entoure, ce qui est en haut et ce qui est en bas (…). C’est par ton regard que les créatures existent. En effet, si elles n’étaient pas vues de toi, qui es celui qui voit, elles ne recevraient pas leur être de toi. L’être des créatures provient de ce que, simultanément, tu les vois et elles sont vues. »
Nous percevons également ici l’importance de notre propre regard, même si, comme le dit saint Paul,  » nous voyons actuellement de manière confuse, comme dans un miroir » (1 Co 13, 12).

Découvrir qu’on est aimé
Respirer, vivre n’est pas seulement inspirer, puis expirer l’air de façon mécanique : c’est exister avec, c’est vivre en état d’amour. De la même façon, adhérer au mystère, c’est entrer dans le singulier, dans l’affectif. Dieu est complice de l’affectivité ; tout-puissant et fragile ; impassible et capable de souffrir ; transcendant et amoureux ; surnaturel et sensible. La folie de la foi chrétienne ne se situe pas du côté des affirmations métaphysiques : c’est tout simplement la foi en la résurrection de la chair.
L’amour est le véritable éveilleur des sens. Les diverses pathologies des sens que nous avons passées en revue plus haut nous montrent combien, quand l’amour est absent, notre vitalité est en hibernation. L’une des crises les plus graves de notre époque est la séparation entre la connaissance et l’amour ; la mystique des sens, justement, poursuit cette science qui ne se révèle qu’en aimant. Aimer veut dire s’ouvrir, rompre le cercle d’isolement, vivre ce miracle qui consiste à être pleinement avec nous-mêmes et avec l’autre. L’amour, c’est le dégel. Il se construit comme une forme d’hospitalité – le poète brésilien Mario Quintana écrit :  » il y a de l’amour quand les personnes habitent l’une dans l’autre ». – mais il exige de ceux qui veulent le vivre de se laisser exposer, d’être désarmés. Ceux qui aiment sont, d’une certaine manière, plus vulnérables. Ils ne peuvent pas faire semblant. S’il leur plaît de chanter dans la rue, ils chantent. S’il leur vient l’idée de courir et de rire sous une averse, ils le font. Si, subitement, il leur prend de vouloir danser en pleine rue, ils commencent à tourner lentement sur eux-mêmes, sans se sentir le moins du monde embarrassés, en écoutant une musique inaudible pour les autres. L’amour nous expose également à une plus grande intensité de souffrance. L’amour renouvelle notre intérêt pour la vie et nous la fait prendre à bras-le corps ; du fait même, nous nous heurtons plus fréquemment à sa dialectique mystérieuse ; sa vitalité extraordinaire et sa terrible proximité avec la mort. Cependant, comme le disait le romancier Antonio Lobo Antunes :  » Il n’y a qu’une seule façon de ne pas souffrir : c’est de ne pas aimer. » Ce qui empêche la vie n’est pas la souffrance inévitable qui accompagne tout amour ; c’est tout le contraire : l’apathie, la distraction, l’égoïsme, le cynisme.
L’amour est le chemin qui nous conduit à l’espérance. L’espérance n’est pas une sorte de consolation, l’attente de jours meilleurs ; elle consiste encore moins à s’attendre à ce qui va arriver de bon. Espérer ne veut pas dire se jeter dans un avenir hypothétique ; c’est savoir recueillir l’invisible au cœur du visible, l’inaudible au cœur de l’inaudible, etc. C’est découvrir une autre dimension à l’intérieur même et au-delà de cette réalité concrète qui nous est donnée dans le présent. Tous nos sens sont sollicités pour accueillir avec admiration et tressaillement, la promesse qui vient et qui n’est pas seulement pour un avenir indéfini, mais déjà pour aujourd’hui, à chaque moment. L’espérance nous garde vivants. Elle ne nous permet pas de vivre rongés par le découragement, absorbés par la désillusion, renversés par les forces de mort. Comprendre que l’espérance fleurit dans l’instant présent, c’est faire l’expérience du parfum de l’éternité.

Extrait de :

temps-et-la-promesseLE TEMPS ET LA PROMESSE
Pour une spiritualité du temps présent
José Tolentino Menconça
Éditions des Béatitudes
ISBN 979-103060-081-0   / 248 p.

Pour celui qui cherche Dieu quel chemin emprunter ? S’agirait-il d’un pur exercice intérieur qui consisterait à s’abstraire de l’habituel et du quotidien, de prendre de la distance par rapport au corps et au monde pour atteindre ce qui ne serait que spirituel ?
En se fondant sur la révélation biblique et les apports récents de l’anthropologie, l’auteur propose ici une spiritualité de l’instant présent qui implique les sens et le corps dans l’expression de la foi. Il montre comment notre corps, par les sens, nous ouvre à la présence de Dieu dans l’instant.

Dans ce texte d’une grande modernité, riche de multiples références et plein de poésie il trace un chemin nouveau par bien des aspects qui ouvre des perspectives stimulantes en phase avec les aspirations et la sensibilité actuelles.

Cet ouvrage a reçu le 1er Prix Res Magnae à Rome  (2015).
En 2016, José Tolentino a reçu le Grand Prix de Littérature de l’association des écrivains portugais.

Les bienfaits humains du silence

silence-blogue-copieQuel avantage y aurait-il à approfondir le thème du silence si celui-ci n’avait aucun impact direct sur la qualité de notre vie personnelle ? Heureusement, ce n’est pas du tout le cas. L’expérience du silence est extrêmement bénéfique pour l’être humain. Toutefois, c’est une chose de reconnaître globalement les bienfaits du silence pour l’être humain, et c’en est une autre de savoir, plus concrètement, tout ce que le silence extérieur et intérieur est en mesure de lui procurer.

En fait, l’être humain gagne beaucoup à s’intéresser au silence. Ses raisons de le faire sont toutes plus importantes les unes que les autres. Par souci de clarté, nous répartirons leur étude sur deux chapitres. Celui que nous entreprenons maintenant devrait nous permettre de saisir ce que le silence peut apporter à quelqu’un sur le plan strictement humain, indépendamment de ses convictions religieuses. Le prochain chapitre sera plus spécifiquement consacré aux avantages spirituels du silence. Dans un cas comme dans l’autre, nous sommes arrivés à un point central de nos réflexions sur le silence : sa nécessité. Si vous n’êtes pas particulièrement amoureux du silence, les développements qui suivent devraient au moins susciter en vous le désir de lui témoigner toute la considération qui lui revient.

Un bon remède

Beaucoup de gens ont spontanément tendance à rattacher les aspects salutaires du silence à la vie spirituelle. Certes, ce n’est pas faux de penser de la sorte, puisque, comme nous le verrons plus loin, il n’y a pas d’authentique vie spirituelle sans silence. Ce serait néanmoins dommage d’oublier que le silence a également énormément à voir avec la vie naturelle, qu’il est susceptible d’avoir d’importants retentissements sur la vie physique de quelqu’un.

Plusieurs spécialistes de la santé n’hésitent pas un instant à vanter les effets thérapeutiques du silence. Les répercussions du silence sur le corps paraissaient à ce point signifiantes et positives à Kierkegaard que ce penseur et théologien danois aurait confessé : « Si j’étais médecin et si l’on me demandait ce que je conseille, je répondrais : faites silence, faites taire les hommes. » Nous serions portée à dire exactement la même chose que lui. En effet, nos précédents essais sur le corps, sur la souffrance ou encore sur la solitude nous ont convaincus que le silence pouvait s’avérer, dans bien des cas, un excellent remède. Peu coûteux, ce médicament, qui n’est évidemment pas à chercher sur les tablettes de nos pharmacies, a indubitablement fait depuis longtemps ses preuves quant à la régénération de ses utilisateurs.

Au sujet des propriétés spéciales du silence, il vaut la peine d’écouter quelques confidences de personnes qui s’adonnent régulièrement au silence. Aussi inconcevable que cela puisse paraître, celles-ci ont l’habitude d’affirmer qu’à certains égards le silence les repose plus que d’autres moyens recommandés dans les médias et par les milieux sportifs. L’éloignement du bruit leur procurerait très rapidement une appréciable détente physique. Le calme autour d’elles aurait également le don d’éliminer de leur existence une bonne dose de stress, ce fameux stress reconnu pour être responsable d’une foule de malaises physiques et psychiques.

Toujours selon ces mêmes personnes, le fait de ne pas sombrer dans un flot de paroles contribuerait aussi nettement à leur bien-être général. Cet aveu ne nous étonne guère. N’avons-nous pas assimilé plus haut l’abondance de paroles au bruit ? Nous rapportons ces propos afin d’interpeller toutes les personnes qui s’épuisent littéralement à force de parler sans arrêt, d’essayer de se justifier à propos de tout et de rien, de chercher à défendre l’indéfendable auprès de leur entourage. Cela se produit spécialement au téléphone. Un long laps de temps leur est nécessaire avant qu’elles se décident enfin à mettre un terme à des conversations interminables qui, en définitive, ne mènent absolument à rien, sauf à provoquer de la fatigue chez les deux interlocuteurs.

À une époque effervescente comme la nôtre, davantage de silence, plus de volonté pour rompre le rythme effréné de leurs activités seraient indéniablement pour un nombre considérable de personnes un beau cadeau à se faire. Quoique déjà en bonne santé, elles ne s’en trouveraient qu’encore mieux physiquement. Et à plus forte raison si elles sont aux prises avec une santé chancelante. Mais à quoi bon insister sur une réalité donnant lieu aisément à une remarquable unanimité tellement elle est pleine de bon sens !

Un accès à une plus grande conscience de soi

Si l’être humain n’y prend garde, il est relativement facile pour lui de mourir sans jamais avoir eu le sentiment d’exister dans le plein sens du mot. Le silence pourrait lui éviter ce malheur. David Le Breton le note expressément :
« Le silence] procure un sentiment aigu d’exister. Il marque un moment de dépouillement qui autorise à faire le point, à prendre ses marques, à retrouver son unité intérieure, à franchir le pas d’une décision difficile. Le silence élague l’homme et le rend à nouveau disponible, déblaie le chantier au sein duquel il se débat. »

Le silence serait donc indispensable pour que quelqu’un ait conscience d’exister et réussisse, du même coup, à vivre de façon unifiée. Nous n’avons aucun motif valable de remettre cela en question : alors que le bruit éparpille l’être, crée un sentiment de désordre intérieur, « celui qui apprend à habiter le “silence de son cœur”, à accueillir l’Esprit, découvrira combien cette Énergie spirituelle de l’Amour féconde, intègre progressivement toutes nos facultés, unifie tout son être ». Quel précieux effet du silence !

Tiré de

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Silence la plus belle des paroles
Marie-Thérèse Nadeau
Éditions Médiaspaul
978-2-89760-089-1 * 152 p. * 19,95 $