Rompre avec la vie quotidienne, dans une certaine forme de simplicité

Chaque petit pas paraît si dérisoire au regard de l’horizon

En abordant mon chemin, je ne vois pas sa destination ultime, je ne la devine même pas. Je sais seulement que je vais à Assise. Je parcours ces nombreux kilomètres sans aucune visibilité directe de là où mènent mes pas. Ainsi en est-il du grand voyage de nos vies. Nous savons qu’il y a une destination après la mort, mais nous marchons au quotidien sans la moindre idée de cette destinée. Elle échappe à nos représentations. nous ne verrons vraiment qu’en expérimentant le jour venu.

Merci pour cette émouvante rencontre, ce soir, avec ce couple d’agriculteurs dans les Dombes ! Le voile derrière lequel chacun abrite pudiquement le plus beau et le plus sombre de sa vie n’a pas tardé à s’effacer, faisant place à un partage simple, vrai et profond sur nos vies, nos familles, nos enfants, cette chair de notre chair souffrante qui nous habite comme une deuxième nature. C’est un vrai mystère pour moi, cette confiance accordée à l’autre qu’on ne connaît pas. La vérité des êtres est-elle à ce point proche et impérieuse qu’elle affleure au moindre rayon de douceur ? J’ai écouté cette mère me confier le drame qu’elle vivait, sa profonde impuissance, sa douleur inconsolable. J’ai senti mon cœur envahi de compassion. Cette confidence a mis la route avec moi. Elle appelle ma proximité intérieure, ma prière et mon intercession auprès de celui qu’on a cloué sur une Croix en réponse à l’amour et à la liberté qu’il incarnait.

Chaque petit pas paraît si dérisoire au regard de l’horizon. Il est pourtant nécessaire à l’avancée. Chacun de mes actes quotidiens partage ce dérisoire, cet infime à l’aune de ma vie. Il vaut pourtant ce que chacun de mes pas vaut pour la progression de mon chemin. Quel mystère d’être ainsi à mi-chemin de l’infiniment grand et de l’infiniment petit.

La journée m’a offert de beaux sourires: celui d’un agriculteur perché sur son tracteur. Son visage s’est éclairé en me croisant et le salut de sa main trahissait la joie simple d’un homme au contact d’un de ses semblables. Celui de cette petite fille qui accourt vers moi en me tendant sa glace déjà bien entamée avec cette question : « T’en veux un peu ? »

Les sourires de ces rencontres inattendues et furtives avec un chevreuil, un lapin, un lièvre, un couple de faisans, des canards sauvages, des hérons, un lézard vert et des milliers de grenouilles et de moustiques. Et le sourire de cette petite luciole rouge dans l’église de Pérouges, signe de ta présence aimante au cœur de toute la création.

Chacun de ces sourires a provoqué une réaction à l’intérieur de moi : une joie, un brin de fraîcheur, une surprise émerveillée, un sentiment de reconnaissance pour l’amour reçu à travers ces rencontres. Avec cette journée, je mesure combien je peux moi-même induire du bon dans les autres quand je suis attentif à eux, et combien toute forme d’indifférence altère cette alchimie interhumaine faite pour le bon vivre ensemble.

Extrait de :

Petites dégustations spirituelles
Sur le chemin d’Assise
Michel Lamarche
Éditions Médiaspaul

« Le jour où j’ai appris l’existence d’un pèlerinage à pied qui allait d’Assise depuis Vézelay, j’ai su que c’était pour moi. Il y a comme cela quelques rares évidences dans l’existence, qui vous assaillent avec une force surprenante ». Un article dans le journal La Croix ranime chez un jeune retraité un vieux rêve d’adolescent fasciné par la figure de saint François : aller un jour à Assise. Le journal évoque un chemin récemment tracé pour se rendre à Assise sur 1500 kilomètres. C’est le témoignage d’un homme à la foi humble et balbutiante, en apprentissage de la vie avec Dieu, qu’on lira dans ce journal de bord attachant, où le prosaïque se mêle au mystique, la pesanteur à la grâce…
Notre pèlerin s’est fixé 4 objectifs :
– Bien vivre la dernière partie de sa vie, en la centrant davantage sur Dieu.
– Prendre un grand moment de solitude dans la nature pour apprendre à contempler Dieu.
– Rompre avec sa vie quotidienne, vivre dans une certaine forme de précarité et de simplicité pour développer sa confiance et goûter plus la présence de Dieu.
– Marcher dans les pas de saint François, devenir plus simple et fraternel, plus proche de Dieu et de sa création.
En confidence, l’auteur raconte comment ce chemin l’a déplacé !

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Garder confiance dans la vie et en l’homme


La confiance, moteur de vie

Se savoir responsable d’une entreprise, ou plus généralement être responsable d’une communauté humaine, quelle que soit sa taille, est d’une exigence rare. En effet, faire œuvrer des hommes et des femmes pour que l’entreprise, ou l’association, ou l’institution, voire la famille, fonctionnent au mieux de leurs finalités respectives n’est pas sans poser des problèmes de toute nature.

Saint Benoît au chapitre 4 de sa Règle, toujours d’actualité cinq cents ans après son élaboration, explique :
Qu’il (l’abbé) sache combien difficile et rude est la tâche qu’il a reçue : conduire des âmes et être au service d’un grand nombre avec leurs humeurs; avec l’un il usera de douceur; avec l’autre de blâmes, avec un troisième de persuasion; selon le caractère de chacun, il se conformera, s’adaptera à tous, de sorte que non seulement il n’ait pas à s’affliger de dommages subis par le troupeau qui lui est confié, mais qu’il se réjouisse de l’accroissement d’un bon troupeau.

Si saint Benoît est un bon guide, ce qu’il demande est plus aisé à énoncer qu’à mettre en pratique, surtout dans le monde économique actuel où la finalité s’exprime le plus souvent en termes de résultats financiers ou d’accroissement de parts de marché, Sex, power and money, célèbre formule d’un monde qui n’est pas celui des bisounours, fait bien souvent tourner le monde. Un christianisme longtemps marqué par le jansénisme nous a conduits à mépriser trop souvent ces trois mots qui sont, je le pense, de véritables valeurs, indispensables à la vie de chacun, mais à une condition et une seule : sexualité, pouvoir et argent sont des valeurs de SERVICE et non de finalité. La seule finalité n’est-elle pas de faire grandir l’homme dans toutes ses dimensions, physiques, intellectuelles, sociales et spirituelles ?
C’est l’objet même de l’Utopie, œuvre dans laquelle Thomas More dénonce avec force les abus et les injustices de son temps, dont les dirigeants étaient obsédés par l’accroissement de leurs richesses et de leurs pouvoirs au détriment du plus grand nombre. De tels comportements ne nous sont pas étrangers !

Comme je sais bien que ce serait illusoire, et bien vaniteux d’imaginer que je puis réformer le monde, je ne me pose qu’une question : ai-je le désir et la volonté d’être un initiateur de cercles vertueux, dont l’effet – comme l’effet papillon – dépassera toujours celui ou celle qui l’a initié.

Un exemple personnel vécu voici plus de quarante ans m’a marqué pour la vie. Un des salariés de l’entreprise avait la fâcheuse habitude de se saouler. Malgré l’ordre que j’avais reçu de le mettre à la porte, je lui donne une dernière chance avec ma promesse que je le virerais sans préavis à la moindre incartade, quelle qu’en soit la cause. Miracle auquel personne ne croyait, G. s’achète une conduite et, via l’association Alcooliques anonymes, arrive à renoncer totalement à l’alcool.

Avec bonheur pour lui, pour les siens et pour ses collègues, la vie quotidienne n’est plus la même. Or, deux ou trois ans plus tard, G. m’appelle, de manière surprenante, tôt chez moi un dimanche matin. J’entends sa voix étranglée au téléphone et avant même qu’il ne me dise la raison de cet appel, je me dis :  » Ça y est, il a replongé. » Erreur complète. Il me dit en effet :  » Monsieur, je viens de retrouver ma fille de 15 ans, violée et assassinée… Mais je vous le promets, je ne boirai pas, je ne boirai pas. » Cet appel téléphonique, puis ma rencontre avec cet homme et sa femme, dont la fille était le seul enfant, son enterrement, restent gravés dans ma mémoire. Mes sentiments d’incompréhension, d’injustice, font remonter dans mon cœur toutes les souffrances des innocents. Cette incompréhension et cette révolte en face du mal diabolique étaient alors au cœur de ce qui faisait tant souffrir mon épouse.

Garder confiance dans la vie et en l’homme restait, en dépit de ce drame, au centre de mes convictions. Donner sa chance à quelqu’un c’est d’abord faire confiance. Mais faire confiance sans naïveté. C’est une erreur par excès de confiance, ou plutôt manque de lucidité que j’ai ainsi commise une autre fois. Un de mes collaborateurs effectuait depuis de nombreuses années un excellent travail, mais sans aucune évolution de carrière. Je lui ai donc attribué, à son corps défendant, une promotion, avec une responsabilité accrue, que je trouvais parfaitement justifiée. Quelle surprise lorsque, peu à peu, cet homme joyeux, très à l’aise sur le plan relationnel, s’est renfermé jusqu’à donner sa démission sans autre raison apparente que de me dire qu’il voulait quitter l’entreprise. Échec sur tous les plans !

La confiance implique donc la lucidité et ne pas vouloir faire le bonheur des gens sans leur adhésion. Et pourtant la tentation est grande de croire que je sais ce qui est bon pour l’autre. J’ai tiré de ces deux expériences quelques réflexions que j’ose partager : Croire en soi, croire en l’autre.

Extrait de :

Passeur de joie
Jacques Mulliez
Éditions Nouvelle Cité

Comment un homme peut-il résister à la corruption, à la tentation du pouvoir et de la facilité ? Comment lutter sans se décourager ?
Pour Jacques Mulliez, chef d’entreprise, époux et père de famille, confronté à certains maux de notre temps – vulnérabilité de proches abîmés par des abus d’autorité pouvant conduire l’un d’entre eux jusqu’au suicide, menaces physiques et psychologiques devant sa résistance à la corruption –, le combat a pris les formes d’un progressif dépouillement intérieur. Accepter et reconnaître ses fragilités, ne pas renoncer à ses exigences, écouter et obéir à sa conscience, des exigences morales que Jacques n’aurait pu tenir sans l’aide précieuse de ses deux compagnons de route favoris, Thomas More et Etty Hillesum, amoureux de la Vie et des hommes, ni sans la force et la sensibilité de son épouse.
Comment rester porteur de paix et de joie quand la souffrance et le mal nous envahissent ? « Passeur de joie » y répond avec humilité, humour et sincérité. Il ose une parole vraie, enracinée dans la foi et la prière, pétrie d’humanité. Il respire l’Espérance. Il donne le goût de la Vie.

Antoine de Padoue : un intellectuel doté de grands pouvoirs

SAINT ANTOINE DE PADOUE

La folle équipée du novice

Il y avait au couvent, un jeune novice tourmenté par des doutes sur la réalité de sa vocation, découragé par les difficultés des études et de la vie en communauté. L’idée lui était venue un jour de voler le manuscrit d’Antoine afin d’en tirer un double profit :
– une gloire personnelle en déclarant qu’il en était l’auteur;
– des avantages financiers, en le faisant éditer à son nom.
Une nuit, au moment où Antoine était occupé avec ses frères, le novice enleva son habit, s’introduisit dans sa cellule, s’empara du manuscrit, sortit furtivement dans le couloir, ouvrit délicatement le portail d’entrée et s’enfonça dans la nuit.

En retournant dans sa cellule, Antoine constata d’emblée la disparition de l’ouvrage. Il ne pouvait accepter l’idée d’être privé du fruit de tant de recherches et de travaux ; mais il n’en voulait pas au voleur, qu’il n’eût pas de mal à détecter en apprenant sa fugue. Il pria immédiatement le Seigneur d’intervenir, non seulement pour récupérer son bien, mais pour inspirer de meilleurs sentiments au coupable. Et le Seigneur intervint. À cet instant, le fuyard s’apprêtait à traverser le pont de Lattes, enjambant le Lez qui conduisait hors de la ville. À peine eut-il fait quelques pas sur le pont qu’il vit surgir face à lui un personnage monstrueux, armé d’une hache, qui le menaçait du geste et de la parole :  » Retourne sur tes pas et va rendre le livre que tu as dérobé ; autrement, je vais te tuer et je te jetterai dans le fleuve… »
Le novice fut saisi d’une peur qui le paralysa. Mais, pour échapper au monstre, il tourna les talons et repartit au pas de course, jusqu’au couvent. Il sonna à l’entrée, se fit ouvrir et, sans rien dire au portier, fonça droit vers la cellule d’Antoine pour se prosterner à ses pieds, implorer son pardon et, bien évidemment, lui rendre son manuscrit. Il lui demanda même, larmes à l’appui, de plaider sa cause auprès du gardien pour qu’il le réintègre dans la communauté, ce qu’il obtint.

Alors, on est en droit de s’interroger sur l’identité de ce personnage inquiétant. Les premiers biographes, suivis par d’autres, l’ont assimilé au démon… Ce qui prouverait sa soumission – et non son égale puissance – à l’unique Dieu et Seigneur, qui lui aurait commandé d’intervenir pour arracher à son emprise le pauvre novice qu’il avait trompé.

Ce qui est certain, c’est que ce récit est à l’origine de la coutume, bien établie dans le monde entier, de prier saint Antoine pour retrouver les objets perdus.

Les grenouilles bâillonnées

Un fait non moins touchant a marqué le passage d’Antoine à Montpellier.
Il y avait, à proximité du couvant, un étang infesté de grenouilles. Et les grenouilles, ça coasse – à temps et à contretemps – sans se préoccuper des moments de silence des moines, ni de ceux réservés aux instructions d’Antoine, qui devenaient inaudibles. Antoine se souvint de ce jour où, à Rimini, il avait attiré une foule de poissons pour écouter son sermon. Il avait aussi entendu dire que François aurait fait taire une nuée d’hirondelles dont les battements d’ailes et les trissements l’empêchaient de parler. Alors, se dit-il, pourquoi ne pas donner des ordres aux grenouilles ? Sitôt dit, sitôt fait. Il se fit conduire au bord de l’étang, fit une prière et imposa le silence aux batraciens. Au même instant, le concert strident s’arrêta. En souvenir de l’évènement, le point d’eau – aujourd’hui desséché – a été baptisé : « Lac de Saint-Antoine ».

Pour tout savoir sur Saint Antoine de Padoue :

Saint Antoine de Padoue
Biographie
Françoise Bouchard
Éditions Salvator

« Saint Antoine, aidez-moi à retrouver mes lunettes ! Faites que je retrouve la santé ! Faites que mon mari revienne ! » Avec Thérèse de Lisieux ou Bernadette de Lourdes, Antoine de Padoue (1195-1231) est sans doute l’un des saints les plus populaires, et sa statue se trouve dans nombre de nos églises. L’auteure, biographe réputée, nous emmène à la découverte de cette figure du XIIIe siècle aimée des plus humbles, qui fut d’abord un grand intellectuel, prédicateur renommé, qui rejoignit la famille franciscaine jusqu’à travailler avec François d’Assise.

 

 

Pour démêler le vrai du faux dans les premiers textes chrétiens

Enquête sur les premiers followers de Jésus Christ

Les hommes

Ce qui caractérise les disciples de Christ dès les origines, c’est leur répartition en petites communautés de croyants, diverses et complexes dans leur composition et dans leurs courants de pensée. Il vaut mieux d’ailleurs appeler disciples les membres de ces premières communautés ; le terme de chrétiens, nous l’avons dit, est apparu plus tardivement.

La première génération de disciples est celle des apôtres. Elle va de Pâques, donc environ de l’an trente de notre ère, à la mort des apôtres (Jacques en 62, Pierre en 64). Très vite cette génération est éclatée en au moins deux groupes, reproduisant le clivage culturel qui caractérisait les juifs de cette époque. D’une part les judéo-chrétiens de Jérusalem, parlant l’araméen, très attachés au Temple, continuent à pratiquer le judaïsme avec assiduité, sous la conduite de Jacques le frère de Jésus. Les Actes des Apôtres les appellent Hébreux. Jusqu’en 70, ils consacrent leur temps à la prière. Ils ne négligent pas pour autant la mission. Dans les Actes des Apôtres, Pierre s’adresse à toutes les nations connues à l’époque. Ainsi la Mésopotamie, l’Égypte et la Cyrénaïque ont-elles dû connaître la présence de chrétiens. Par ailleurs, un autre groupe se forme à Antioche, fondé par les Hellénistes de Jérusalem. Les Hellénistes sont des juifs de langue et de culture grecques, issus de la diaspora. Parmi eux certains ont reconnu Jésus comme Christ. Leur chef était Étienne dont parlent les Actes et qui fut le premier martyr chrétien. Ce groupe développe une mission très active auprès des païens, c’est-à-dire des habitants de la région qui n’étaient pas juifs.

Les deuxième et troisième générations, de 50 à 90 voient naître de plus importants clivages entre les chrétiens. À Jérusalem, les judéo-chrétiens s’opposent très durement aux autres juifs, surtout après 70. En effet à partir de cette date, avec la prise de Jérusalem par les romains et la chute du Temple, le judaïsme dut, pour se relever, se durcir. La position des judéo-chrétiens devint donc difficile à tenir et ils eurent tendance à se fermer sur eux-mêmes, alors que dans l’Empire, le christianisme se développait de plus en plus, et particulièrement en dehors du monde juif. Ce christianisme était volontiers missionnaire et ses membres cherchaient à faire des émules au sein de l’Empire. C’est dans ce contexte qu’il faut situer les voyages de Paul au cours duquel il créa de nouvelles communautés. À cette époque se diffusent dans la lignée de Paul et des Hellénistes les évangiles de Marc (vers70) de Matthieu (vers 80) et l’ensemble de l’œuvre de Luc (évangile et Actes). Ces textes pénètrent dans tout le monde grec et vers Rome. À la fin du siècle, à Éphèse, une autre tradition est à l’origine de l’évangile de Jean et se répand dans cette région de l’Asie Mineure.

Il est difficile de nommer précisément toutes les régions touchées par la nouvelle foi. Mais il est certain qu’à la fin du Ier siècle, il y avait des chrétiens à peu près partout dans le monde méditerranéen. La plupart des villes d’Orient en comptaient parmi leurs membres : Jérusalem, Athènes, Corinthe, Alexandrie, Philippes, Éphèse. En Occident, la ville de Rome est la seule où nous sommes sûrs de la présence chrétienne. Ceci dit, cette présence dans l’Empire était seulement urbaine. Les campagnes restèrent à l’écart du mouvement.

Reste la question : combien ? On sait que donner des chiffres un tant soit peu fiables est impossible dans l’Antiquité. Cependant on peut avancer avec certitude que les chrétiens étaient peu nombreux. Les conversations se faisaient de bouche à oreille, à l’intérieur des familles et des maisonnées, mais ce n’était pas à grande échelle et les communautés européennes chrétiennes ne sont attestées qu’en ville. Les historiens estiment que même au IVe siècle, au moment où l’Empire deviendra officiellement chrétien, leur nombre ne dépassera pas dix pour cent de la population totale.

Pour en savoir plus:

Pierre, Paul, Jacques et les autres
Enquête sur les premiers followers  de Jésus Christ
Françoise Ladouès
Éditions Nouvelle Cité

Fruit d’une enquête minutieuse, ce livre nous invite à redécouvrir les textes des premiers chrétiens pour en démêler le vrai du faux, la réalité historique des légendes. Mais avant tout il s’agit de mieux comprendre la vérité contenue dans les textes bibliques.

Les bénédictions d’Anselm Grün et encore plus de nouveautés !

Le livre des bénédictions
Anselm Grün
ISBN 978-2-7067-1497-9 • 128 p. • 16,95 $
L’auteur démontre les bienfaits de la bénédiction dans toutes les circonstances de notre vie et encourage chacun à mettre en pratique les rituels qu’il préconise dans ce livre pour montrer à l’autre l’intérêt qu’on lui porte et forger une culture du vivre-ensemble.

Fatima
Le ciel est plus fort que nous
Guillaume Hünermann
ISBN 978-2-7067-1501-3 • 240 p. • 16,95 $
Dans cette histoire romancée des événements survenus à Fatima en 1917, l’auteur relate les faits avérés de l’apparition de la Vierge en les replaçant dans leur cadre historique et géographique pour nous initier au message spirituel de N.D. de Fatima.

Au cœur du jour une parole
Calendrier 2018
ISBN 978-2-89129-579-6 • 392 p. • 11,95 $
Ce calendrier est un rendez-vous quotidien avec la vie spirituelle. Il propose des citations qui invitent à la méditation, une notice sur le saint du jour, un rappel des événements qui ont marqué notre histoire et présente l’évangile du jour.
La miséricorde, un art de vivre
Hélène Dumont
ISBN 979-10-306-0146-6 • 166 p. • 20,95 $
Un livre simple et pratique pour aider tous ceux qui veulent mettre la miséricorde au cœur même de leur vie familiale, sociale, professionnelle et en Église afin de développer une attitude miséricordieuse et en faire un véritable art de vivre.

Petites dégustations spirituelles sur le chemin d’Assise
Michel Lamarche
ISBN 978-2-7122-1443-2 • 128 p. • 19,95 $
Dans ce journal de bord attachant, où le prosaïque se mêle au mystique, l’auteur offre le témoignage d’une foi humble et hésitante, qui n’hésite pas à rompre avec la vie quotidienne pour se mettre en chemin vers Assise sur les pas de saint François.

Compostelle au pas de l’âne
La Grande École du Chemin
Caroline de Danne
ISBN 978-2-7122-1450-0 • 200 p. • 29,95 $
À la fois récit de voyage et sentier de foi, ce livre offre le formidable témoignage d’une jeune femme d’aujourd’hui qui raconte ce périple du cœur avec ses joies, ses étonnements, ses doutes et ses découragements, ses espérances et ses émerveillements.
Moïse d’Égypte
L’Enfant des trois Livres
Nathalie Beaux
ISBN 978-2-7122-1448-7 • 256 p. • 31,50 $
Cette fiction romanesque de la vie de Moïse est l’occasion de montrer que son histoire aussi étonnante que fondatrice est présente dans les trois religions monothéistes, le judaïsme, le christianisme et l’islam, qui en font le personnage central de leur Livre.

Prier quinze jours avec le Curé d’Ars
Patrice Chocholski
ISBN 978-2-85313-823-9 • 128 p. • 21,95 $
Universellement connu et aimé, le Curé d’Ars a entraîné beaucoup de ses contemporains dans la contemplation de la Trinité et de l’Eucharistie. L’auteur nous partage sa prière, celle d’un pasteur qui vit les joies et les difficultés de la mission en paroisse.

Saint Antoine de Padoue
Biographie
Françoise Bouchard
ISBN 978-2-7067-1486-3 • 246 p. • 33,95 $
L’auteure, biographe réputée, nous emmène à la découverte de saint Antoine, figure du XIIIe siècle aimée des plus humbles, qui fut d’abord un grand intellectuel, prédicateur renommé, qui rejoignit la famille franciscaine jusqu’à travailler avec François d’Assise.
L’intercession prophétique
Guide pratique
Anne Lemaître
ISBN 979-10-306-0133-6 • 286 p. • 29,95 $
L’auteure décrit les principes de base de l’intercession, son rôle et les moyens de vivre ces temps de prières, les pièges à éviter, les responsabilités de l’intercesseur ainsi que les stratégies à mettre en place ou les actes prophétiques à poser.

Fragilité et bienveillance
Un chemin vers soi
Thierry Anglès d’Auriac
ISBN 979-10-306-0140-4 • 86 p. • 12,95 $
Face à une idéologie qui repose sur l’idée de l’homme qui se fait seul et ne doit rien qu’à lui-même, cet essai propose un renversement des points de vue: placer en premier le désir de grandir en amour, comme nous y invite Jean Vanier.

La charité inventive
Jean-Yves Ducourneau
ISBN 979-10-306-0151-0 • 112 p. • 13,95 $
À l’occasion des 400 ans des Équipes Saint Vincent, l’auteur invite à poser de nouveaux actes de charité qui ne soient basés, ni sur l’émotion, ni sur la naïveté, ni sur la peur, mais uniquement sur la certitude qu’aucun homme n’est à écarter d’une charité en action.
Le temps des laïcs
50 ans après le concile Vatican II
Dominique Rey
ISBN 979-10-306-0134-3 • 148 p. • 19,95 $
Fort de son expérience pastorale, l’auteur s’est efforcé de faire vivre une nouvelle dynamique des laïcs à travers des initiatives diverses: développement de la gouvernance pastorale, communautés nouvelles, fraternités et familles missionnaires.

Le carnet de mon baptême
En collaboration
ISBN 978-2-85733-457-6 • 32 p. • 11,95 $
Un joli carnet pour graver cette journée dans la mémoire de tous et entrer dans la grande famille des chrétiens. Les différentes étapes et le sens du sacrement sont expliqués pour l’enfant et sa famille. À remplir par les parents avec des photos, des petits mots, des souvenirs…

Ils nous montrent un visage de Dieu
En collaboration
ISBN 978-2-85733-442-2 • 56 p. • 35,50 $
Cet album propose huit grandes figures inspirantes qui ont vécu selon l’Évangile, chacun à sa façon et à des époques variées: Catherine de Sienne, Ignace de Loyola, Don Bosco, Bernadette Soubirous, Sœur Emmanuelle, Dominique Pire, Mère Teresa, Abbé Pierre.

Des histoires de vie, de survies, de beauté et d’espérance

Missionnaires, volontaires, bénévoles, témoignent de leur expérience de don de soi où la vie est servie, secourue, soignée, accompagnée, surtout quand elle est en souffrance.

Les porteuses d’eau

Ce récit s’intéresse à une réalité inattendue et inconnue pour les Européens que nous sommes.
L’eau, familière et tellement utile, qui abreuve, lave et rafraîchit, est un bien précieux dont nul ne peut se passer. Pourtant, cette eau ne s’offre pas de la même façon à tout le monde.

Il y a l’eau courante, celle qui coule avec force dans les tuyaux de nos maisons. Nous y sommes tellement habitués que nous ne pouvons pas imaginer qu’il puisse en être autrement. Savons-nous qu’il y a aussi l’eau portée péniblement sur les chemins de brousse. Elle remonte lentement et avec peine, par des sentiers abrupts ou sur des marches mal taillées à flan de colline, portée dans des bidons de plastique qui peuvent peser jusqu’à 20 kilos sur les têtes de femmes de tous âges.

À Kabinda, l’eau courante est rare, comme dans beaucoup de pays d’Afrique et d’Asie. À l’évidence, ici comme ailleurs, l’eau se trouve toujours dans les points bas quand elle n’est pas cachée sous terre. L’eau des sources et des fontaines coule toujours au pied de collines, mais elle n’y remonte jamais seule. C’est normal selon les lois physiques de la gravité, mais anormal pour ceux qui en ont tellement besoin !

L’eau n’est pas juste avec tout le monde ! Elle coule et s’échappe, elle fuit quand elle n’est pas domptée. Quand elle se laisse trouver et capter, elle devient un don précieux, comme à Kabinda. Là, elle vaut une fortune. L’eau, et la vie qu’elle nourrit, ont un prix élevé, celui de l’effort presque surhumain de femmes et de jeunes filles qui chargent sur leur tête ce bien si précieux et si lourd, qui écrase les vertèbres et fait plier le dos. Le corps ainsi accablé, qui vacille et qui cherche des appuis secourables pour éviter la chute, ne perd pas sa dignité. Au contraire, chaque pas est vécu comme une victoire, il est l’occasion de dire :  » C’est dur, mais je vis, l’effort est surhumain, mais d’autres vivront avec cette eau ! »

En haut du chemin, à l’arrivée dans le village, il y aura le soulagement, certes, mais se savourera aussi le bonheur d’avoir réussi et d’avoir comblé les siens de ce bien si précieux qui sera consommé avec parcimonie.

La petite fille à la bassine

Le véhicule 4×4 s’est arrêté au milieu du village et, comme à chaque fois, un attroupement d’enfants se forme. Ça court dans tous les sens en criant. L’attraction, ce sont bien sûr ces étrangers venus visiter le dispensaire de la zone de santé planté à quelques mètres de là.

Où vas-tu, petite enfant, vêtue de ta robe colorée et trop grande pour ton âge ? Tu es accourue quand la voiture s’est arrêtée et tu t’es retrouvée au milieu de la nuée bruyante et tourbillonnante des enfants du village. Tu portais une énorme bassine sur la tête qui te laissait comme figée, les bras tendus vers le haut pour la maintenir en bon équilibre.

Quand je me suis approché, tu as baissé les yeux, surprise d’être l’objet d’une quelconque attention. Comment un étranger pouvait-il te regarder dans cette position inconfortable et insolite ? N’était-ce pas plutôt lui l’attraction du moment ? Une voiture ne passe pas souvent sur cette unique piste, artère centrale au cœur du village.

Tout à coup, un petit garçon, probablement ton petit frère tant il te ressemble, s’est précipité et s’est accroché à ta taille, te faisant presque vaciller. Certainement était-il impressionné par la scène, mais il n’a pas mesuré le risque pris : te faire perdre ton précieux chargement. Son regard fuyant dans le vide cherche une protection et il l’a trouvée auprès de toi, mais tes mains prisonnières de la bassine ne peuvent rien faire pour lui.

Petite fille d’un village perdu dans la grande province de la Lomami, te voilà investie d’une double et lourde responsabilité, ramener à la case familiale une bassine d’eau trop grande et bien pesante, avec un petit frère accroché à tes basques. Manifestement, la vie compte sur toi pour l’aider. Il y a tant à faire dans l’ordinaire de nos jours et déjà tu es très occupée. Mais qui s’occupera de toi ?

Pour lire d’autres récits inspirants de vie:

Pour l’amour de la vie
Fioretti de présences humanitaires
Jean-Claude Michel
Éditions des Béatitudes
979-10-306-0136-7

Ces récits de mission rapportés par des médecins, des éducateurs, jeunes et volontaires, venus de pays nantis pour se mettre au service des plus démunis d’Afrique ou d’Asie, ravivent notre espérance et témoignent que l’amour de la vie est le plus fort.

Mise en garde avant l’Enfer de Thomas More

Thomas More (1478-1535) écrivit vers 1522 ce traité, resté inachevé, sous le titre des « Vérités dernières ». Son but est de montrer combien il est nécessaire de penser à la mort pendant sa vie pour mériter le ciel. Énumérant un à un les péchés capitaux, il les passe à l’épreuve de la méditation sur la mort.

Avec un humour propre à ceux qui savent scruter les petits travers du quotidien, l’auteur dénonce nos compromissions avec les tentations, rendant très contemporaine sa fine analyse de l’être humain. Le péché serait-il encore plus attrayant et convaincant aujourd’hui ?

Les péchés capitaux à l’épreuve de la mort

« Pourtant je sais que beaucoup de gens diront que la seule pensée de la mort, si on la considère sérieusement, suffirait à priver l’homme de toute sa joie de vivre; et que la vie deviendrait encore plus pénible si, à la méditation de la mort, on ajoutait la contemplation du redoutable jugement de Dieu ainsi que les cuisantes souffrances du purgatoire ou de l’enfer, dont chacune dépasse et excède de nombreuses morts ! Voilà bien les sages maximes pour ceux qui font de ce monde leur paradis, et qui font de leurs désirs un dieu.

Voyez donc l’aveuglement dont nous, les hommes de ce monde, nous souffrons en prétendant décocher nos flèches folles précisément vers les cibles qui sont le moins à notre portée ! Car je parie que sur quatre mille personnes prises au hasard, on n’en trouvera pas quatre-vingts qui n’affirmeront pas hardiment qu’il est trop difficile de s’appliquer à garder à l’esprit ces quatre fins dernières. De même je parierais que, sur ces quatre mille, vous n’en trouverez pas quatorze qui y aient vraiment réfléchi quatre fois dans toute leur vie.

Si les hommes daignaient tester les effets de cette médecine – la méditation sur les quatre fins dernières -, ils constateraient qu’au lieu d’abandonner le plaisir de la vie, ils y trouveraient un plaisir sans cesse plus grand, tel qu’ils n’en ont jamais éprouvé auparavant, ni ne l’auraient jamais imaginé. Car il faut savoir que, de même que nous sommes faits de deux substances fort différentes, le corps et l’âme, ainsi sommes-nous aptes à recevoir deux plaisirs différents, l’un sensuel, l’autre spirituel. Et de même que l’âme surpasse de loin le plaisir grossier et écœurant de tout délice charnel, qui, à dire vrai, n’est pas un vrai plaisir, mais une contrefaçon du plaisir. Si les hommes en sont si friands, cela n’est dû qu’à leur ignorance de l’autre plaisir. Ils sont comme ceux qui ne connaissent rien aux pierre précieuses et se satisfont autant d’un béryl ou d’un cristal contrefait que d’un diamant véritable. En revanche celui qui, grâce à l’habitude et à l’expérience reconnaît à l’œil nu la marque véritable et l’éclat vrai du diamant, rejette tout de suite la contrefaçon et n’éprouve aucun plaisir à la regarder, si bien ouvragée, ou si parfaitement polie soit-elle. Et soyez sûrs que, de la même manière, si les gens voulaient bien s’accoutumer au goût du plaisir spirituel, et à cette douceur qu’éprouvent les personnes vertueuses dans le bon espoir du ciel, ils ne tarderaient pas à mépriser, puis finalement à détester cette jouissance vile et grossière que leur procure le plaisir de la chair et des sens, qui n’est jamais si agréablement pimenté de délices et de jouissance qu’il n’apporte avec lui le remords et le reproche de la conscience au point qu’il soulève le cœur et lui donne envie de vomir. Pourtant, l’habitude nous aveugle à tel point que nous persévérons dans cette jouissance et, sans nous soucier le moins du monde du plaisir supérieur, nous imitons la truie qui, satisfaite au milieu des déchets, de la fange et de la boue, ne demande ni meilleur menu ni meilleur lit. »

Extrait de :

Mise en garde avant l’Enfer
Thomas More
Éditions Nouvelle Cité

Vers 1522, l’auteur écrit ce traité, resté inachevé, sous le titre Les fins dernières pour montrer combien il est nécessaire de penser à la mort pendant sa vie pour mériter le ciel. Les péchés capitaux sont passés à l’épreuve de cette méditation sur la mort.