Antoine de Padoue : un intellectuel doté de grands pouvoirs

SAINT ANTOINE DE PADOUE

La folle équipée du novice

Il y avait au couvent, un jeune novice tourmenté par des doutes sur la réalité de sa vocation, découragé par les difficultés des études et de la vie en communauté. L’idée lui était venue un jour de voler le manuscrit d’Antoine afin d’en tirer un double profit :
– une gloire personnelle en déclarant qu’il en était l’auteur;
– des avantages financiers, en le faisant éditer à son nom.
Une nuit, au moment où Antoine était occupé avec ses frères, le novice enleva son habit, s’introduisit dans sa cellule, s’empara du manuscrit, sortit furtivement dans le couloir, ouvrit délicatement le portail d’entrée et s’enfonça dans la nuit.

En retournant dans sa cellule, Antoine constata d’emblée la disparition de l’ouvrage. Il ne pouvait accepter l’idée d’être privé du fruit de tant de recherches et de travaux ; mais il n’en voulait pas au voleur, qu’il n’eût pas de mal à détecter en apprenant sa fugue. Il pria immédiatement le Seigneur d’intervenir, non seulement pour récupérer son bien, mais pour inspirer de meilleurs sentiments au coupable. Et le Seigneur intervint. À cet instant, le fuyard s’apprêtait à traverser le pont de Lattes, enjambant le Lez qui conduisait hors de la ville. À peine eut-il fait quelques pas sur le pont qu’il vit surgir face à lui un personnage monstrueux, armé d’une hache, qui le menaçait du geste et de la parole :  » Retourne sur tes pas et va rendre le livre que tu as dérobé ; autrement, je vais te tuer et je te jetterai dans le fleuve… »
Le novice fut saisi d’une peur qui le paralysa. Mais, pour échapper au monstre, il tourna les talons et repartit au pas de course, jusqu’au couvent. Il sonna à l’entrée, se fit ouvrir et, sans rien dire au portier, fonça droit vers la cellule d’Antoine pour se prosterner à ses pieds, implorer son pardon et, bien évidemment, lui rendre son manuscrit. Il lui demanda même, larmes à l’appui, de plaider sa cause auprès du gardien pour qu’il le réintègre dans la communauté, ce qu’il obtint.

Alors, on est en droit de s’interroger sur l’identité de ce personnage inquiétant. Les premiers biographes, suivis par d’autres, l’ont assimilé au démon… Ce qui prouverait sa soumission – et non son égale puissance – à l’unique Dieu et Seigneur, qui lui aurait commandé d’intervenir pour arracher à son emprise le pauvre novice qu’il avait trompé.

Ce qui est certain, c’est que ce récit est à l’origine de la coutume, bien établie dans le monde entier, de prier saint Antoine pour retrouver les objets perdus.

Les grenouilles bâillonnées

Un fait non moins touchant a marqué le passage d’Antoine à Montpellier.
Il y avait, à proximité du couvant, un étang infesté de grenouilles. Et les grenouilles, ça coasse – à temps et à contretemps – sans se préoccuper des moments de silence des moines, ni de ceux réservés aux instructions d’Antoine, qui devenaient inaudibles. Antoine se souvint de ce jour où, à Rimini, il avait attiré une foule de poissons pour écouter son sermon. Il avait aussi entendu dire que François aurait fait taire une nuée d’hirondelles dont les battements d’ailes et les trissements l’empêchaient de parler. Alors, se dit-il, pourquoi ne pas donner des ordres aux grenouilles ? Sitôt dit, sitôt fait. Il se fit conduire au bord de l’étang, fit une prière et imposa le silence aux batraciens. Au même instant, le concert strident s’arrêta. En souvenir de l’évènement, le point d’eau – aujourd’hui desséché – a été baptisé : « Lac de Saint-Antoine ».

Pour tout savoir sur Saint Antoine de Padoue :

Saint Antoine de Padoue
Biographie
Françoise Bouchard
Éditions Salvator

« Saint Antoine, aidez-moi à retrouver mes lunettes ! Faites que je retrouve la santé ! Faites que mon mari revienne ! » Avec Thérèse de Lisieux ou Bernadette de Lourdes, Antoine de Padoue (1195-1231) est sans doute l’un des saints les plus populaires, et sa statue se trouve dans nombre de nos églises. L’auteure, biographe réputée, nous emmène à la découverte de cette figure du XIIIe siècle aimée des plus humbles, qui fut d’abord un grand intellectuel, prédicateur renommé, qui rejoignit la famille franciscaine jusqu’à travailler avec François d’Assise.

 

 

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