Pour démêler le vrai du faux dans les premiers textes chrétiens

Enquête sur les premiers followers de Jésus Christ

Les hommes

Ce qui caractérise les disciples de Christ dès les origines, c’est leur répartition en petites communautés de croyants, diverses et complexes dans leur composition et dans leurs courants de pensée. Il vaut mieux d’ailleurs appeler disciples les membres de ces premières communautés ; le terme de chrétiens, nous l’avons dit, est apparu plus tardivement.

La première génération de disciples est celle des apôtres. Elle va de Pâques, donc environ de l’an trente de notre ère, à la mort des apôtres (Jacques en 62, Pierre en 64). Très vite cette génération est éclatée en au moins deux groupes, reproduisant le clivage culturel qui caractérisait les juifs de cette époque. D’une part les judéo-chrétiens de Jérusalem, parlant l’araméen, très attachés au Temple, continuent à pratiquer le judaïsme avec assiduité, sous la conduite de Jacques le frère de Jésus. Les Actes des Apôtres les appellent Hébreux. Jusqu’en 70, ils consacrent leur temps à la prière. Ils ne négligent pas pour autant la mission. Dans les Actes des Apôtres, Pierre s’adresse à toutes les nations connues à l’époque. Ainsi la Mésopotamie, l’Égypte et la Cyrénaïque ont-elles dû connaître la présence de chrétiens. Par ailleurs, un autre groupe se forme à Antioche, fondé par les Hellénistes de Jérusalem. Les Hellénistes sont des juifs de langue et de culture grecques, issus de la diaspora. Parmi eux certains ont reconnu Jésus comme Christ. Leur chef était Étienne dont parlent les Actes et qui fut le premier martyr chrétien. Ce groupe développe une mission très active auprès des païens, c’est-à-dire des habitants de la région qui n’étaient pas juifs.

Les deuxième et troisième générations, de 50 à 90 voient naître de plus importants clivages entre les chrétiens. À Jérusalem, les judéo-chrétiens s’opposent très durement aux autres juifs, surtout après 70. En effet à partir de cette date, avec la prise de Jérusalem par les romains et la chute du Temple, le judaïsme dut, pour se relever, se durcir. La position des judéo-chrétiens devint donc difficile à tenir et ils eurent tendance à se fermer sur eux-mêmes, alors que dans l’Empire, le christianisme se développait de plus en plus, et particulièrement en dehors du monde juif. Ce christianisme était volontiers missionnaire et ses membres cherchaient à faire des émules au sein de l’Empire. C’est dans ce contexte qu’il faut situer les voyages de Paul au cours duquel il créa de nouvelles communautés. À cette époque se diffusent dans la lignée de Paul et des Hellénistes les évangiles de Marc (vers70) de Matthieu (vers 80) et l’ensemble de l’œuvre de Luc (évangile et Actes). Ces textes pénètrent dans tout le monde grec et vers Rome. À la fin du siècle, à Éphèse, une autre tradition est à l’origine de l’évangile de Jean et se répand dans cette région de l’Asie Mineure.

Il est difficile de nommer précisément toutes les régions touchées par la nouvelle foi. Mais il est certain qu’à la fin du Ier siècle, il y avait des chrétiens à peu près partout dans le monde méditerranéen. La plupart des villes d’Orient en comptaient parmi leurs membres : Jérusalem, Athènes, Corinthe, Alexandrie, Philippes, Éphèse. En Occident, la ville de Rome est la seule où nous sommes sûrs de la présence chrétienne. Ceci dit, cette présence dans l’Empire était seulement urbaine. Les campagnes restèrent à l’écart du mouvement.

Reste la question : combien ? On sait que donner des chiffres un tant soit peu fiables est impossible dans l’Antiquité. Cependant on peut avancer avec certitude que les chrétiens étaient peu nombreux. Les conversations se faisaient de bouche à oreille, à l’intérieur des familles et des maisonnées, mais ce n’était pas à grande échelle et les communautés européennes chrétiennes ne sont attestées qu’en ville. Les historiens estiment que même au IVe siècle, au moment où l’Empire deviendra officiellement chrétien, leur nombre ne dépassera pas dix pour cent de la population totale.

Pour en savoir plus:

Pierre, Paul, Jacques et les autres
Enquête sur les premiers followers  de Jésus Christ
Françoise Ladouès
Éditions Nouvelle Cité

Fruit d’une enquête minutieuse, ce livre nous invite à redécouvrir les textes des premiers chrétiens pour en démêler le vrai du faux, la réalité historique des légendes. Mais avant tout il s’agit de mieux comprendre la vérité contenue dans les textes bibliques.

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