Les bienfaits humains du silence

silence-blogue-copieQuel avantage y aurait-il à approfondir le thème du silence si celui-ci n’avait aucun impact direct sur la qualité de notre vie personnelle ? Heureusement, ce n’est pas du tout le cas. L’expérience du silence est extrêmement bénéfique pour l’être humain. Toutefois, c’est une chose de reconnaître globalement les bienfaits du silence pour l’être humain, et c’en est une autre de savoir, plus concrètement, tout ce que le silence extérieur et intérieur est en mesure de lui procurer.

En fait, l’être humain gagne beaucoup à s’intéresser au silence. Ses raisons de le faire sont toutes plus importantes les unes que les autres. Par souci de clarté, nous répartirons leur étude sur deux chapitres. Celui que nous entreprenons maintenant devrait nous permettre de saisir ce que le silence peut apporter à quelqu’un sur le plan strictement humain, indépendamment de ses convictions religieuses. Le prochain chapitre sera plus spécifiquement consacré aux avantages spirituels du silence. Dans un cas comme dans l’autre, nous sommes arrivés à un point central de nos réflexions sur le silence : sa nécessité. Si vous n’êtes pas particulièrement amoureux du silence, les développements qui suivent devraient au moins susciter en vous le désir de lui témoigner toute la considération qui lui revient.

Un bon remède

Beaucoup de gens ont spontanément tendance à rattacher les aspects salutaires du silence à la vie spirituelle. Certes, ce n’est pas faux de penser de la sorte, puisque, comme nous le verrons plus loin, il n’y a pas d’authentique vie spirituelle sans silence. Ce serait néanmoins dommage d’oublier que le silence a également énormément à voir avec la vie naturelle, qu’il est susceptible d’avoir d’importants retentissements sur la vie physique de quelqu’un.

Plusieurs spécialistes de la santé n’hésitent pas un instant à vanter les effets thérapeutiques du silence. Les répercussions du silence sur le corps paraissaient à ce point signifiantes et positives à Kierkegaard que ce penseur et théologien danois aurait confessé : « Si j’étais médecin et si l’on me demandait ce que je conseille, je répondrais : faites silence, faites taire les hommes. » Nous serions portée à dire exactement la même chose que lui. En effet, nos précédents essais sur le corps, sur la souffrance ou encore sur la solitude nous ont convaincus que le silence pouvait s’avérer, dans bien des cas, un excellent remède. Peu coûteux, ce médicament, qui n’est évidemment pas à chercher sur les tablettes de nos pharmacies, a indubitablement fait depuis longtemps ses preuves quant à la régénération de ses utilisateurs.

Au sujet des propriétés spéciales du silence, il vaut la peine d’écouter quelques confidences de personnes qui s’adonnent régulièrement au silence. Aussi inconcevable que cela puisse paraître, celles-ci ont l’habitude d’affirmer qu’à certains égards le silence les repose plus que d’autres moyens recommandés dans les médias et par les milieux sportifs. L’éloignement du bruit leur procurerait très rapidement une appréciable détente physique. Le calme autour d’elles aurait également le don d’éliminer de leur existence une bonne dose de stress, ce fameux stress reconnu pour être responsable d’une foule de malaises physiques et psychiques.

Toujours selon ces mêmes personnes, le fait de ne pas sombrer dans un flot de paroles contribuerait aussi nettement à leur bien-être général. Cet aveu ne nous étonne guère. N’avons-nous pas assimilé plus haut l’abondance de paroles au bruit ? Nous rapportons ces propos afin d’interpeller toutes les personnes qui s’épuisent littéralement à force de parler sans arrêt, d’essayer de se justifier à propos de tout et de rien, de chercher à défendre l’indéfendable auprès de leur entourage. Cela se produit spécialement au téléphone. Un long laps de temps leur est nécessaire avant qu’elles se décident enfin à mettre un terme à des conversations interminables qui, en définitive, ne mènent absolument à rien, sauf à provoquer de la fatigue chez les deux interlocuteurs.

À une époque effervescente comme la nôtre, davantage de silence, plus de volonté pour rompre le rythme effréné de leurs activités seraient indéniablement pour un nombre considérable de personnes un beau cadeau à se faire. Quoique déjà en bonne santé, elles ne s’en trouveraient qu’encore mieux physiquement. Et à plus forte raison si elles sont aux prises avec une santé chancelante. Mais à quoi bon insister sur une réalité donnant lieu aisément à une remarquable unanimité tellement elle est pleine de bon sens !

Un accès à une plus grande conscience de soi

Si l’être humain n’y prend garde, il est relativement facile pour lui de mourir sans jamais avoir eu le sentiment d’exister dans le plein sens du mot. Le silence pourrait lui éviter ce malheur. David Le Breton le note expressément :
« Le silence] procure un sentiment aigu d’exister. Il marque un moment de dépouillement qui autorise à faire le point, à prendre ses marques, à retrouver son unité intérieure, à franchir le pas d’une décision difficile. Le silence élague l’homme et le rend à nouveau disponible, déblaie le chantier au sein duquel il se débat. »

Le silence serait donc indispensable pour que quelqu’un ait conscience d’exister et réussisse, du même coup, à vivre de façon unifiée. Nous n’avons aucun motif valable de remettre cela en question : alors que le bruit éparpille l’être, crée un sentiment de désordre intérieur, « celui qui apprend à habiter le “silence de son cœur”, à accueillir l’Esprit, découvrira combien cette Énergie spirituelle de l’Amour féconde, intègre progressivement toutes nos facultés, unifie tout son être ». Quel précieux effet du silence !

Tiré de

silence-btlf

Silence la plus belle des paroles
Marie-Thérèse Nadeau
Éditions Médiaspaul
978-2-89760-089-1 * 152 p. * 19,95 $

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